/news/politics
Navigation

Le troisième lien, une chimère dont personne ne veut, selon Claude Villeneuve

Le chef de l’opposition à Québec ne se gêne plus pour critiquer le projet de la CAQ

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Coup d'oeil sur cet article

Le troisième lien dans sa forme actuelle est un projet « qui ne plaît à personne », mais qui sert de diversion au gouvernement pour éviter d’implanter à court terme des solutions efficaces contre la congestion, estime le chef de l’opposition à Québec.

• À lire aussi: Tramway et 3e lien: Bonnardel répond aux critiques dans une lettre

« Il y a plusieurs autres mesures qui peuvent être envisagées » avant de se lancer dans « la construction d’une structure qui ne correspond à rien de ce qui a été construit dans l’histoire humaine », estime Claude Villeneuve.

Il cite le réaménagement de la tête des ponts et la gestion des voies en alternance sur le pont.

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Il dit espérer que le maire Bruno Marchand enfourche ce cheval de bataille. « Je vais pousser pour que le maire de Québec défende la Ville de Québec. »

  • Écoutez l'entrevue du chef de l'opposition à la Ville de Québec, Claude Villeneuve, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Nouvellement arrivé au conseil municipal, il se sent déjà plus libre de s’exprimer sur le projet de 10 milliards $ promu par la CAQ.

En campagne électorale, l’ancien chroniqueur au Journal avait refusé de se positionner, sous prétexte que la Ville n’en était pas maître d’œuvre. 

Projet impopulaire

Maintenant sur les banquettes de l’opposition, à la tête d’une formation qui va changer de nom dans les prochains mois, il admet volontiers que dans son district de Maizerets–Lairet, pendant la campagne électorale, « il n’était pas dans son intérêt d’être nuancé sur le troisième lien parce que les gens n’en veulent pas ».

Il constate que la pression nationale est de plus en plus forte contre le projet.

« Le troisième lien est une chimère qui fait en sorte qu’on ne recherche pas de solutions immédiates pour améliorer la fluidité », accuse-t-il.

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Les politiciens s’en servent pour faire « diversion », mais personne ne veut de sortie de tunnel près de chez lui, affirme-t-il. 

Il a trouvé « très inélégant » le geste du premier ministre François Legault qui, juste après l’élection, avait affirmé en point de presse que les citoyens de Québec voulaient un troisième lien. Une façon de dicter ses priorités au nouveau maire, analyse-t-il. 

Pour Claude Villeneuve, Bruno Marchand sera capable de « lever le ton » pour faire valoir ses arguments dans ses rapports avec le gouvernement, sur le troisième lien, mais aussi sur les dépassements de coûts du tramway.

« J’espère voir le moment où il mettra son pied à terre. J’espère que ça ne se fera pas trop attendre. »

Tramway

Il se réjouit par ailleurs que Bruno Marchand envoie de « bons signaux » à la suite de son élection et qu’il ait dit publiquement que le gouvernement n’était pas dans une logique de « marchandage » sur les projets majeurs de Québec comme le troisième lien et le tramway.

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

« Sceptique », il assure cependant qu’il surveillera le nouveau maire dans sa volonté d’apporter 10 changements au projet de tramway.

Il craint des retards et une explosion des coûts. « On va être très vigilant pour le respect de l’échéancier et du budget. »

Tramway : La redevance de Marchand sous surveillance  

Complètement fermés à toute forme de redevance imposée le long du tracé du tramway, Claude Villeneuve et sa formation politique, Équipe Marie-Josée Savard, ont cheminé maintenant qu’ils sont dans l’opposition. « On va l’étudier, si c’est l’intention du maire. »

Mais un avertissement sera servi. « Moi, je crains qu’une redevance comme celle-là soit un grand facteur de gentrification. »

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

L’administration Marchand veut l’imposer aux projets d’envergure le long du tracé afin d’aller chercher au moins 200 millions $ pour payer la facture de l’infrastructure.

« Si les nouveaux projets qui se font viennent de promoteurs qui ont les moyens de payer une redevance, et de refiler ça à des gens qui vont acheter des condos ou louer des bureaux, ça va être un facteur de gentrification. Je pense qu’il faut plutôt construire des logements sociaux. »

Au final, M. Villeneuve affirme que cela peut devenir une pierre d’achoppement entre son équipe et celle de M. Marchand, qui ne sont par ailleurs pas très éloignées idéologiquement. 

Campagne électorale : Miser sur la continuité n’a pas été la bonne stratégie  

Une fois le bilan de la campagne électorale fait, Claude Villeneuve admet que celle-ci aurait pu être menée différemment.

Son ancienne cheffe, Marie-Josée Savard, a perdu par moins de 800 voix, mais force est de constater aussi que ses appuis ont stagné pendant des mois.

« C’est évident qu’on aurait dû faire une campagne différente », laisse-t-il tomber.

Miser sur la continuité de l’administration précédente n’a pas été la bonne stratégie, selon lui.

« C’est pas facile à passer. C’est pas une façon facile de se faire élire que de promettre la continuité. Les gens veulent savoir ce qui s’en vient, pas ce qui a été. On aurait dû parler beaucoup plus de notre vision de la ville dans cinq, dix ans, que de s’appuyer sur une continuité qu’on n’a peut-être pas très bien pris le temps de définir. »

Politique municipale : La mairie, peut-être « un jour »  

Quand il s’est lancé en politique municipale à 39 ans, Claude Villeneuve n’a pas discuté avec sa conjointe d’une possibilité de se présenter à la mairie.

Le jeune papa d’un bébé de moins d’un an veut avoir d’autres enfants. Il ne ferme pas la porte à l’éventualité d’une candidature à la mairie, mais pas à court ou à moyen terme.

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

« Un jour, peut-être, mais pas tant que mes enfants vont être petits. C’est pas une question à laquelle je suis prêt à répondre, mais c’est pas une ambition que j’ai. »

Quand il s’est présenté avec Marie-Josée Savard, il avait l’intention d’effectuer quelques mandats et d’y réfléchir ensuite.

Il dit ne pas vivre très bien avec le fait de voir son visage sur des affiches électorales. « La notoriété, pour moi, c’est le coût à payer pour faire de l’action politique. »

À voir aussi