/misc
Navigation

Quand doit-on commencer à épargner?

businessman holding coins putting in glass with using smartphone and calculator to calculate  concept saving money
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Pour aspirer à l’indépendance financière, on doit bâtir un sacré portefeuille. Vous croyez peut-être que l’atteinte d’un tel objectif nécessite une connaissance fine des marchés boursiers, une capacité à flairer les tendances avant tout le monde, une habileté à négocier les titres en vogue avec un synchronisme digne de Sylvie Fréchette ? 

Je vous rassure : pas pantoute ! 

Aussi sophistiqué et excitant que puisse paraître l’investissement, il n’est pas le premier facteur d’enrichissement. L’accumulation repose d’abord sur deux aptitudes ennuyeuses : discipline et patience.

On doit épargner à un bon rythme, et commencer le plus tôt possible. C’est la base, et des lacunes à ce chapitre peuvent difficilement être compensées par des rendements boursiers supérieurs, une variable sur laquelle on n’a pas vraiment de contrôle. 

Mais quand débuter et quel effort y consacrer ? Et combien ça donne à la fin ?  

Le facteur temps

Plus tôt on commence à épargner, plus on se facilite la tâche et meilleures sont nos chances de réussite. Prenons le cas hypothétique d’une personne de 30 ans qui gagne 40 000 $ par année. Disons que son salaire augmente annuellement de 2 %, et qu’elle économise 18 % (le maximum) de son revenu dans un REER chaque année, REER qui lui procure un rendement libre de frais de 4,5 %, à l’abri de l’impôt. 

En maintenant le rythme jusqu’à 65 ans (son salaire alors s’approche de 80 000 $), cet épargnant aura accumulé à la veille de sa retraite plus de 768 000 $ dans son compte de retraite. S’il attendait à 40 ans (plutôt que 30) avant de s’y mettre, il aurait amassé 479 000 $ à l’aube de sa retraite. S’il voulait rattraper le temps perdu en mettant les bouchées doubles, il lui faudrait mettre de côté 28,9 % de son salaire (plutôt que 18 %) pour atteindre les 768 000 $. 

J’ai souvent remis en doute l’importance des rendements composés. Vous savez, cet effet « boule de neige » qui fait en sorte que les rendements du passé génèrent eux-mêmes de nouveaux gains.

Si on épargne 10 000 $ à 30 ans et qu’on compte sur la « magie » des rendements composés pour faire le reste, mieux vaut se préparer à manger des nouilles à la retraite. Toutefois, en maintenant le rythme d’épargne sur une longue période, il se produira quelque chose qui, sans relever du miracle, est assez plaisant à voir : le produit du rendement devient plus important dans la croissance des actifs que l’épargne.  

Revenons à l’exemple plus haut, et voyons comment évolue le portefeuille de notre investisseur fictif à deux moments précis : à 40 ans, après 10 ans, il détient 96 000 $ dans son portefeuille. Sa contribution REER de 18 % représente cette année-là 8877 $ et ses rendements ajoutent 4330 $ à la cagnotte.

À 60 ans, son portefeuille s’élève à 556 000 $, sa cotisation REER dépasse alors 13 000 $ et les rendements gonflent le portefeuille de... 25 000 $ ! Quand on dit « faire travailler » son argent, on a un bon exemple ici. 

La vie n’est pas un fichier Excel

Ces chiffres sortent d’une feuille Excel concoctée par Daniel Laverdière, planificateur financier et directeur du centre d’expertise de Banque Nationale Gestion Privée 1859. Je l’en remercie. 

Si Excel permet d’observer l’effet combiné de l’épargne, du temps et des rendements, on doit reconnaître que la vie des gens est (heureusement) plus sinueuse qu’une colonne de chiffrier.

Tout de même, il ne faut pas lâcher son objectif de vue :  

  • On doit se payer en premier. Quel que soit son revenu, on programme une épargne automatique comme s’il s’agissait d’une facture, et dès qu’on commence à recevoir une paie.  
  • On doit cibler un taux d’épargne d’au moins 10 % du revenu brut. Plus, c’est mieux. La limite du REER se situe à 18 %, ce n’est pas pour rien. 
  • On débute de façon modeste (5 %). On augmente progressivement.  
  • On résiste à la tentation de hausser ses dépenses chaque fois que ces revenus s’améliorent.