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Si on gratte un peu, QS ne change pas

Si on gratte un peu, QS ne change pas
Photo d'archives, Agence QMI

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Québec solidaire veut envoyer un signal fort : il serait désormais un parti de gouvernement. Il cherche à se présenter comme l’alternative au gouvernement Legault.

Pour cela, le parti, associé depuis ses débuts à la gauche radicale, cherche à envoyer des signaux de modération et passer pour le parti de la « gauche concrète », voulant aller à la rencontre non plus de ses militants exclusivement, mais aussi des « gens ordinaires ».

Il prépare donc ses slogans, notamment sur le thème de la qualité de vie. Le thème n’est pas mal choisi. La vie contemporaine est aliénante, c’est factuel, et particulièrement pour ceux qui habitent les banlieues-dortoirs. La conciliation famille-travail est plus complexe que jamais.

Famille-travail

Avec raison, le commun des mortels espère une vie moins effrénée, un peu moins épuisante. Comment traduire concrètement cette aspiration bien légitime ? Comment retrouver le minimum de stabilité existentielle pour qu’une famille puisse s’engager dans ce qu’on appelle aujourd’hui des projets de vie ?

Bien des électeurs pourraient se sentir interpellés par cet appel qui n’est pas étranger au bon sens.

Mais tout cela n’est qu’un vernis publicitaire masquant bien mal le fond idéologique de ce parti, qui ne change pas. Car si on gratte un peu, QS ne change pas.

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La base militante de ce parti demeure la même, comme on a pu le voir avec les débats entourant la loi 21. Un débat a divisé les membres rassemblés en congrès la fin de semaine dernière : doit-on dissimuler hypocritement qu’on s’y oppose ou doit-on l’assumer ?

Car les gens de QS savent bien que la loi 21 est plébiscitée par les Québécois et qu’ils sont condamnés à une marginalité durable si la question revient au cœur de la vie publique. QS, ne l’oublions pas non plus, adhère à la théorie du racisme systémique.

Ce n’est pas parce qu’il en parlera moins d’ici les élections qu’il n’y adhère plus.

Soyons certains d’une chose : dès qu’une lubie woke se manifestera, on peut être certain que QS l’embrassera.

Autre dossier révélateur du caractère faussement modéré et vraiment radical de QS : l’environnement. Qu’il faille lutter contre les changements climatiques ne fait pas de doute. Mais QS instrumentalise ce combat pour recycler dans une forme nouvelle son vieux fond anticapitaliste.

Les objectifs fixés par QS ne sont pas ambitieux. Ils sont délirants. Citons -le parti dans le texte : « Réduire les émissions du Québec d’au moins 55 % par rapport au niveau de 1990 d’ici 2030 ».

Radicalité

Plusieurs l’ont fait remarquer, ce programme se traduirait en fait par une politique démente de décroissance qui heurterait d’abord et avant tout la classe moyenne, que QS prétend justement séduire avec ses slogans sur la qualité de vie. Comme si le Québec devait se condamner à l’extinction industrielle et à la régression économique pour sauver la planète, alors qu’il a déjà, en ces matières, un bilan exemplaire.

Nous y revenons : la modération de QS sera au mieux une modération de ton. Il serait surprenant, toutefois, que les électeurs se laissent bluffer par la manœuvre.