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Québec: lourde peine réclamée pour un «prédateur sexuel»

Moussa Ouattara
Photo de courtoisie, Facebook Moussa Ouattara

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La Couronne réclame une peine fédérale variant de cinq à six ans pour un homme trouvé coupable d’agression sexuelle et de harcèlement alors que la défense suggère plutôt au tribunal de prendre en compte la détention préventive faite par l’accusé, qui équivaut à trois ans, et de déclarer «temps fait».

Les gestes reprochés à Moussa Ouattara, un homme d’origine ivoirienne, se sont produits essentiellement au début de l’année 2019.  

À chaque fois, l’homme âgé de 28 ans récoltait ses victimes «sur la rue», alors qu’elles semblaient avoir besoin d’un transport.  

Si trois de ses quatre victimes ont vécu des gestes «moindres» d’agression ou de harcèlement, la quatrième, qui se trouvait dans un état avancé d’ébriété a quant à elle été amenée chez l’accusé sur la rue de Norvège puis agressée sexuellement. Quelques heures plus tard, elle s’est présentée à l’hôpital pour y être soignée. 

«Te faire examiner, toucher, dépouiller de tes vêtements quelques heures après une agression, c’est loin d’être agréable. On se sent dépossédée de son corps pour une deuxième fois», a d’ailleurs souligné la victime de Ouattara, Micha Horswill – qui a fait lever l’ordonnance de non-publication prononcée à son endroit – dans une lettre touchante déposée devant le tribunal.  

Culpabilité

«Pendant deux ans, inconsciemment, lentement, mais sûrement, je me suis culpabilisée. Pourquoi j’ai bu ce soir-là? Pourquoi être sortie seule? Pourquoi avoir fait confiance à un étranger?» a exprimé la jeune femme.  

«Ça m’a pris deux ans à comprendre que je peux boire sans donner le droit à quelqu’un de me violer. Deux ans à comprendre que faire confiance à un étranger ne lui donne pas le droit de te violer. Deux ans à comprendre que je ne suis pas responsable de ce qui m’est arrivé», a-t-elle ajouté.  

Invité à prendre la parole, l’accusé a quant à lui souligné au juge Hubert Couture que depuis sa sortie de détention préventive, il s’est mobilisé en faisant des démarches, notamment, après d’AutonHommie, un centre de ressources pour hommes.  

«J’interpellais souvent les étrangers pour les aborder, pour avoir leur affection, alors je me suis dit qu’il y avait quelque chose à régler. Là d’où je viens, c’est dans notre habitude de vouloir socialiser avec les autres et ce n’est pas comme ça ici», a-t-il ajouté lorsque questionné par son avocat, Me Eliot Girard-Tremblay.  

Responsabilité «entière»

La poursuivante, Me Laura Plamondon Dufour a quant à elle rappelé au Tribunal que la responsabilité de l’accusé était «importante et entière» et qu’il avait agi tel «un prédateur qui trouve une proie et qui s’y attaque».  

«Je vous rappelle également qu’au moment de poser ses gestes, monsieur était en période probatoire à la suite d’une absolution reçue dans un dossier de harcèlement commis à l’égard de cinq jeunes femmes», a-t-elle ajouté.  

Le juge a pris la cause en délibéré et il rendra sa décision en janvier.