/opinion/faitesladifference
Navigation

Déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme: des services de qualité, svp!

Bloc situation autisme enfant maltraitance
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Alors qu’elles se font couper des services de tout bord tout côté, des personnes ayant une déficience intellectuelle et/ou un trouble du spectre de l’autisme et leurs familles demandent des services publics de qualité. C’est une question de droits!

On dénonce depuis plusieurs années la détérioration des conditions de vie des personnes DI/TSA et de leurs proches, malgré des annonces budgétaires qui ont l’apparence d’un réinvestissement, mais qui disparaissent dans les structures. Au final, c’est un manque criant de ressources allouées au programme déficience intellectuelle et trouble du spectre de l’autisme qui est constaté depuis des années.

Parallèlement à l’évolution des budgets, il y a une augmentation de la demande de services et des besoins. L’effet conjugué de ces deux tendances a conduit à un appauvrissement du programme et des services. Les ressources destinées à ces personnes vulnérables diminuent et cette réalité est cachée. Encore aujourd’hui, à la veille de 2022, la crise sanitaire sert d’excuse lorsqu’on questionne le manque flagrant de services sociaux et de santé. Nous disons: ça suffit! Cela suffit le déni général et politique de la gravité de la situation.

Triste réalité

Nous invoquons le droit de la population à l’information sur la réalité de ces familles et de ces personnes qui, sur l’ensemble du territoire du Québec, n’en peuvent plus d’être invisibles et résilientes.

Fermetures de dossiers, réduction des heures pour tous et toutes dans les centres d’activité de jour et les plateaux de travail, réorientation vers des services privés ou communautaires, coaching des parents qui deviennent des intervenants par défaut, peu de services d’hébergement adapté et de qualité...voilà quelques-unes de leurs réalités. On leur offre, au mieux, des miettes de services et bien souvent rien.

Les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme sont considérées comme des dépenses à réduire alors que l’offre de services devrait être établie à partir de leurs besoins (réels et non sous-évalués) pour respecter leurs droits et leur permettre d’avoir accès, comme tout le monde, à une qualité de vie.

Une réforme

Nous demandons une réforme en profondeur et un réinvestissement majeur dans l’ensemble des services publics pour les personnes ayant une DI et/ou un TSA. Nous voulons des services d’hébergement de qualité, un vrai programme de soutien à la famille pour répondre à leurs besoins réels, de meilleurs services d’adaptation et réadaptation qui rétrécissent comme une peau de chagrin, plus de soutien à domicile et un meilleur accès aux

programmes d’activités de jour et socio-professionnelles actuellement donnés au compte-goutte pour réduire les listes d’attente...et ce pour toutes les régions du Québec.

Delphine Ragon, coordonnatrice de Parents pour la déficience intellectuelle (PARDI) et SOS DI SERVICES PUBLICS

*SOS DI SERVICES PUBLICS est une organisation qui porte la voix des familles des personnes ayant une déficience intellectuelle et de leurs enfants(adultes). Nous revendiquons des services de santé et des services sociaux, accessibles, universels et gratuits.