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Sursis pour Nagy

L’entraîneur-chef des Bears Matt Nagy
Photo AFP L’entraîneur-chef des Bears Matt Nagy

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Après une tumultueuse semaine, l’entraîneur-chef des Bears Matt Nagy a finalement pu savourer une victoire de 16-14 et une portion de dinde lors du duel de Thanksgiving face aux Lions. Inutile, cependant, de célébrer: la fin approche.

Quand la tête d’un entraîneur se retrouve sur le billot, il n’y a rien de tel, pour acheter un peu de temps, qu’un duel contre les Lions.  

Surtout que Nagy a porté sa fiche en carrière comme pilote des Bears à 7-1 contre cette rare équipe qu’il a su comprendre.  

Encore une fois, ça aura quand même tout pris. Pour la huitième fois cette saison, l’équipe de celui qui avait été embauché pour son génie offensif a marqué 20 points ou moins. Ce scénario s’était produit huit fois l’an passé. Et neuf fois l’année précédente. Jusqu’à quel point les Bears vont-ils se contenter d’une production aussi anémique? 

Cette semaine, un journaliste crédible de Chicago, lauréat d’un prix Pulitzer, a mentionné que Nagy serait remercié après le match face aux Lions, quelle qu'en soit l'issue. 

L’information était-elle fausse ou les Bears ont-ils simplement rectifié le tir au dernier moment, vu le résultat d’hier? Il y a lieu de se poser la question, puisque personne, dans la haute direction de l’équipe, n’a pris la peine de nier l’information. 

Il aurait été facile de publier un banal communiqué disant que les Bears n’avaient jamais discuté avec Nagy de la possibilité d’un congédiement.  

Le simple fait que les patrons de Nagy n'aient pas levé le petit doigt en dit long sur la faible cote d’amour dont jouit le coach à l’interne. 

UN AN TROP TARD

Nagy montre un dossier de 32-27 depuis son arrivée à Chicago, en plus d’avoir amené deux fois son équipe en séries. C’est loin d’être épouvantable, mais son incapacité à faire fonctionner l’attaque le coule plus que tout. 

Nagy ne mérite pas de rester en poste, mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, il a quand même fait meilleure figure que ses deux prédécesseurs, John Fox et Marc Trestman. C’est dire à quel point les Bears sont incrustés dans leur marasme.  

C’est l’an dernier que Nagy et le directeur général Ryan Pace auraient dû être congédiés. En les laissant en poste, la haute direction de l’équipe a donné son appui au fait que le tandem repêche Justin Fields et entame son développement.  

Sur la touche hier, le jeune quart-arrière devra repartir sur de nouvelles bases et un nouveau système. Une précieuse année aux ordures... 

LES COWBOYS S’ENLISENT

Dans le deuxième match au programme, les Cowboys ont poursuivi leur chute, essuyant un troisième revers en quatre matchs, par 36-33 en prolongation, aux mains des Raiders. L’unique adversaire vaincu durant cette triste séquence a été Atlanta.  

Évidemment, les Cowboys étaient privés des receveurs Amari Cooper et CeeDee Lamb, ce qui n’a pas aidé leur cause. Sauf que c’est la défensive qui a flanché. Il fallait s’attendre à ce scénario pour cette unité qui a passé plus de 39 minutes sur le terrain. Sans ses receveurs dominants, Dak Prescott a accumulé 375 verges, mais 123 verges sont provenues de trois jeux qui font paraître l’attaque aérienne meilleure qu’elle ne l'était en réalité. Quant à l’attaque terrestre, elle n’a jamais été un facteur contre l’une des défensives qui en arrache le plus contre la course.  

Les Cowboys sont encore bien en selle au sommet de la division Est de la NFC, mais ils ne peuvent s'y complaire, avec les Eagles qui jouent du bon football dernièrement. 

Par ailleurs, il est dommage que les vedettes les plus en vue de cette rencontre aient été les officiels. Avec 28 pénalités décernées pour 276 verges, ils ont encore volé le spectacle. Au rythme où vont les choses, la stratégie offensive risque d’être réduite à lancer une bombe en prière et espérer un mouchoir. Quand un si bon match devient abominable à regarder, il y a un problème. 

RETOUR EN FORCE DES BILLS

Après le massacre subi face aux Colts une semaine plus tôt, les Bills ont profité de Thanksgiving pour connaître un match efficace, dans une victoire de 31-6 sur les Saints.  

Malgré deux interceptions, Josh Allen a connu de bons moments avec quatre passes de touché. L’attaque n’est pas encore totalement au beau fixe, cependant. La récolte de 113 verges au sol est trompeuse, puisque Allen a amassé 43 verges de ce total. Les deux porteurs Devin Singletary et Matt Breida n’ont obtenu que 2,9 verges par portée.  

La défensive a été totalement en contrôle et, dans le cas des Bills, le véritable test s’en vient avec deux duels en quatre semaines face aux Patriots. La fin de saison s’annonce palpitante. 

À leur décharge, les Saints étaient privés de leurs deux porteurs Alvin Kamara et Mark Ingram. Ces derniers sont toujours aussi inanimés avec Trevor Siemian au poste de quart et un groupe de receveurs très faible. Les Saints se retrouvent avec une fiche négative et il faudra penser à se tourner vers Taysom Hill pour obtenir une étincelle, même s’il n’est probablement pas une solution à long terme. À la suite de cette défaite, la fiche des Saints glisse à 5-6 et, si les séries débutaient aujourd’hui, ils en seraient exclus.  

Il y a un mois, les Saints montraient un dossier de 5-2 et semblaient solides. C’est la preuve numéro 2473 qu’un mois dans la NFL, c’est une éternité.