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Pendant ce temps-là en Ontario

Campeau
Photo courtoisie Contrairement au Québec, il est toujours possible de pêcher avec des menés vivants en Ontario, un atout incontestable pour les amateurs. On ne peut pas faire mieux comme leurres, goûter meilleur, avoir l’air plus réaliste et sentir plus bon, qu’un vrai poisson appât vivant qui gigote au bout de la ligne.

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Lorsque les dirigeants du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) instaurent de nouvelles règles, c’est qu’ils ont certainement de bonnes raisons. 

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Les nouvelles règles concernant la conservation des différentes espèces fauniques découlent souvent de recommandations de techniciens de la faune et de biologistes qui travaillent pour l’État : des gens qui s’y connaissent et qui ont du métier et du savoir.  

Depuis le 1er avril 2017, l’utilisation ou la possession de poissons appâts vivants, quelle que soit l’espèce, est interdite partout au Québec, y compris durant la pêche hivernale. 

Cette nouvelle avait créé une onde de choc incroyable auprès des amateurs, des centres de pêche blanche et des pourvoyeurs. 

On peut lire ce qui suit sur le site du MFFP. 

« L’un des principaux enjeux pour le maintien de la qualité et de la durabilité des pêcheries sportives et commerciales au Québec concerne l’introduction et la propagation d’espèces aquatiques envahissantes (EAE) et d’organismes pathogènes (virus, bactéries et parasites) dans les plans d’eau [...]. L’utilisation de poissons appâts vivants constitue l’un des vecteurs les plus préoccupants pour la propagation d’EAE et de maladies. Les poissons appâts morts, quant à eux, peuvent également transporter des EAE et des pathogènes viables, et ce, même s’ils sont congelés. Des organismes indésirables invisibles à l’œil peuvent aussi être présents dans l’eau de transport des poissons appâts. » 

Concurrence « déloyale »

Malgré toutes les protestations, la réglementation n’a jamais été changée ni modifiée. 

Je me souviens d’une discussion, à l’époque, avec l’ancien proprio du Centre de pêche des sportifs sur la rivière des Outaouais, Jacques Vadeboncœur, qui me disait : « Comment veux-tu que j’attire de la clientèle quand, juste de l’autre côté de la rivière, les pêcheurs peuvent se servir de menés vivants ? »   

À titre de chroniqueur, je ne suis pas le genre à remuer de vieux dossiers et à brasser de la chnoute, comme on le dit si bien.  

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une publication trimestrielle numérique qui se nomme Nouvelles sur les poissons et la faune de l’Ontario, du ministère du Développement du Nord, des Mines, des Richesses naturelles et des Forêts. 

Surprise chez nos voisins

À mon grand étonnement, on pouvait y lire qu’« à compter du 1er janvier 2022, l’Ontario sera divisé en quatre zones de gestion des appâts : la zone nord-ouest, la zone nord-est, la zone centrale et la zone sud. Pêcheurs, si vous habitez dans la zone où vous pêchez, vous serez autorisés à récolter et à utiliser des poissons appâts et des sangsues dans cette zone. Si vous pêchez en dehors de la zone dans laquelle vous résidez, vous devrez acheter et utiliser des poissons appâts et des sangsues provenant de la zone de gestion des appâts où vous pêchez. Les poissons appâts et les sangsues ne peuvent être déplacés qu’à l’intérieur de la zone de gestion des appâts où ils ont été récoltés ou achetés. [...] Les pêcheurs utilisant des appâts vivants en dehors de leur zone de gestion des appâts doivent acheter leurs poissons appâts et leurs sangsues et peuvent les conserver jusqu’à deux semaines. Ils doivent également conserver un reçu lisible après avoir effectué leur achat afin de le montrer à un agent de protection de la nature ». 

« Vous pouvez capturer ou acheter des poissons d’appât et des sangsues jusqu’à la limite de possession. Vous ne pouvez pas avoir en votre possession plus de 120 poissons d’appât, 120 sangsues, 36 écrevisses et 12 grenouilles léopards », pouvait-on également lire sur le site ontario.ca/fr/page/pecher-avec-des-appats-vivants.

Sur le site du MFFP, on écrit que « les vers de terre, les sangsues et les grenouilles ne sont pas considérés comme des poissons appâts. Leur utilisation comme appâts est donc généralement autorisée à moins d’indication contraire ». 

importation illégale 

Honnêtement, c’est à n’y rien comprendre. Qu’est-ce qui nous distingue autant ? Il doit y avoir eu un acte de sorcellerie quelconque qui est tombé sur la tête des pêcheurs en cette journée du 3 juillet 1608, lors de la fondation de notre belle et chère province. 

En passant, retenez que ceux et celles qui traversent la frontière pour aller y chercher des menés vivants, par exemple à Hawkesbury, pourraient être accusés d’importation illégale. 


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