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Valero veut protéger un boisé convoité par la Ville de Lévis

La raffinerie de Lévis tient à sa « ceinture verte » et s’oppose à l’expropriation

Énergie Valero affirme que le terrain boisé convoité par la Ville de Lévis (entouré d’un pointillé) se situe « au cœur » de sa ceinture verte, une interprétation contestée par la Ville. Les entreprises Omegachem, Béton provincial et Hexion se trouvent près de la zone convoitée par la municipalité.
Photo Google Earth Énergie Valero affirme que le terrain boisé convoité par la Ville de Lévis (entouré d’un pointillé) se situe « au cœur » de sa ceinture verte, une interprétation contestée par la Ville. Les entreprises Omegachem, Béton provincial et Hexion se trouvent près de la zone convoitée par la municipalité.

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Énergie Valero s’engage dans une bataille juridique contre la Ville de Lévis pour préserver des arbres à proximité de sa raffinerie, a appris Le Journal.

Dans cette affaire, les rôles sont inversés diront certains. Le deuxième plus grand pollueur du Québec – pour ses émissions de gaz à effet de serre – est celui qui se porte à la défense de l’environnement et s’oppose à du développement industriel. 

Un bras de fer se dessine devant les tribunaux entre la Ville et la pétrolière qui refuse de céder à l’administration Lehouillier un immense terrain (essentiellement boisé) de près de 300 000 pieds carrés afin de protéger, dit-elle, sa « ceinture verte ».

La Ville de Lévis convoite depuis des années ce terrain, mais les négociations n’ont jamais rien donné. Devant l’impasse, la Ville a lancé le processus légal d’expropriation, a-t-on appris.

Le terrain en question, au sud du boulevard Guillaume-Couture, longe la rue Perreault dans le secteur Saint-Romuald. Il se situe à quelques centaines de mètres tout au plus des réservoirs de la raffinerie Jean-Gaulin. Les maisons les plus proches sont situées quant à elles à bonne distance de la raffinerie, plus au nord.

Une vue de la raffinerie Valero en février dernier.
Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Une vue de la raffinerie Valero en février dernier.

Valero a confirmé au Journal qu’elle va contester l’avis d’expropriation pour préserver sa fameuse zone tampon verte qui fait sa fierté, autour du gigantesque complexe industriel. Dans les deux dernières décennies, Valero (anciennement Ultramar) a multiplié les acquisitions afin de redonner à la communauté des espaces verts. Elle a inauguré des parcs et a même acquis un terrain de golf à proximité de la raffinerie Jean-Gaulin.

Une importance « fondamentale »

« Tout ça s’inscrivait dans une volonté d’agir respectueusement envers nos voisins. On est fiers d’avoir su, à travers les années, créer cette zone tampon alors vous comprendrez qu’on y tient. Pour nous, ça revêt une importance assez fondamentale. (Le terrain) est au cœur de la ceinture verte », observe Marina Binotto, directrice des affaires publiques chez Valero. 

Riposte de la Ville de Lévis

La Ville de Lévis, qui veut acheter le terrain pour le remettre rapidement sur le marché à des fins de développement industriel, conteste l’interprétation de Valero sur l’importance de ce boisé au « potentiel écologique peu élevé ».

« On est loin d’une ceinture verte quand on parle d’un parc industriel où il y a des occupants. C’est un terrain situé entre deux rues publiques. Il y a des constructions au nord comme au sud. C’est dans une zone industrielle, sur une rue pleinement développée sauf ce trou-là », a répliqué le directeur du développement économique Philippe Meurant. 

La Ville dit avoir offert plus de 1,6 M$ à Valero, soit cinq fois plus que la valeur inscrite au rôle d’évaluation.

— Avec la collaboration de Philippe Langlois, Bureau d’enquête