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Un restaurateur coupable d'agression sexuelle

Il profitait du contexte de travail pour proposer de l'alcool et tenter d'obtenir des rapprochements

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Un restaurateur de Sutton à la main lourde et baladeuse a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur trois de ses anciennes employées, dont une mineure.

«Le Tribunal doit se demander s’il croit la version de l’accusé. La réponse est fort simple. Non. [...] Sa version ne suscite aucun doute», a tranché la juge Lyne Beauchesne dans sa décision rendue récemment au palais de justice de Cowansville.

Les explications de Baris Ugurlu, 48 ans, qui a tenté de justifier sa «conduite indigne», sont «non crédibles», a estimé la cour qui l’a trouvé coupable d’agression sexuelle et de voies de fait pour des événements remontant à 2017 et à 2019.

Car l’ancien patron du Sultan à Sutton, en Estrie, profitait de son statut d’employeur pour donner de la boisson forte à ses nouvelles employées âgées de 17 à 23 ans, dans le but d’obtenir des rapprochements pendant leurs quarts de travail.

Il remplissait constamment leurs verres, au point où l’une d’entre elles n’avait d’autre choix que de jeter l’excès dans l’évier pour garder le contrôle.

«Plan de match»

«L’accusé suivait son plan de match, soit affaiblir les facultés de sa victime pour atteindre son but», peut-on lire dans le document de cour.

Puis, petit à petit, Ugurlu touchait de manière inappropriée ou tentait d’embrasser ses victimes contre leur gré, malgré des gestes d’évitement de leur part.

«Il a les mains baladeuses, la poitrine, les fesses, tout y passe. Il bouge autour d’elle. Parfois, il est derrière elle, sur le côté. Il met ses mains sur le côté de son visage, il tire sa tête vers lui et elle doit forcer pour éviter le contact de sa bouche», relate le document.

Sa plus jeune victime, âgée de 17 ans, a raconté au tribunal qu'elle ne savait pas quoi faire et qu'elle était «sous le choc» devant les comportements répétés de son patron. Après plusieurs tentatives, il est parvenu à faire entrer sa langue dans sa bouche.

Quand sa mère est venue la chercher, la jeune fille était tellement intoxiquée qu'elle parvenait à peine à marcher. «Dégoûtée par elle-même», elle a tenté de mettre fin à ses jours en arrivant à la maison et elle a dû être transportée à l'hôpital.

Modus operandi

Ainsi, «le Tribunal considère avoir une preuve hors de tout doute raisonnable des infractions. Mais il y a plus. La preuve de conduite indigne démontre un individu qui a un modus operandi», note la magistrate.

De plus, dans l'attente d'une décision sur la culpabilité, Baris Ugurlu, qui habite désormais à Lachute, aurait répété son manège: il a été accusé d’agression sexuelle pour un événement remontant au mois d'août 2021.

Il s’agirait d’une jeune victime de 18 ans de Saint-Placide, dans les Laurentides, selon ce que rapportait La Voix de l’Est en août passé.

Baris Ugurlu doit revenir devant les tribunaux le 20 décembre, pour sa sentence.