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Entre les rêves et la réalité

Le Théâtre de Quat’Sous offre Rita au désert

Alexandrine Agostini et Roger La Rue
Photo courtoisie, Marie-Andrée Lemire Alexandrine Agostini et Roger La Rue incarnent les deux personnages de Rita au désert, présentée au Théâtre de Quat’Sous.

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Les aspirations se heurtent la plupart du temps à la réalité, mais l’imaginaire peut parfois permettre d’éviter le cul-de-sac. Jouée au Théâtre de Quat’Sous, la pièce Rita au désert aborde avec originalité et intelligence ce phénomène même si le spectacle est un peu victime de sa prémisse, qui est de traiter de ce qui n’a pas abouti.

La trame consiste en Rita, qui devait courser dans le désert de Gobi, tandis que Lucien Champion, œuvrant pour un journal de région, devait en parler en écrivant la biographie de cette femme. Il devait faire d’elle une vedette, et elle faire de lui un auteur.

Le texte et la mise en scène d’Isabelle Leblanc débordent d’imagination avec un récit imprévisible qui tient le public dans l’expectative. On assiste à un travail de création où la vérité et l’irréel s’entremêlent. Une ambiance singulière se dégage de cette production. Cette atmosphère mystérieuse est en grande partie due à Rita, qu’on voit peu, mais dont la présence reste forte. Et également à ce journaliste qui parle beaucoup d’elle, mais qui est manifestement un peu déconnecté et qui admet souffrir de problèmes psychologiques.

Le spectacle est porté avec brio par Roger La Rue qui est seul sur scène durant presque toute la représentation. Alexandrine
Agostini, qui incarne Rita, arrive sur le tard et intervient très peu.

Le comédien offre une prestation convaincante dans cette œuvre coproduite par le Théâtre de l’Opsis et La Colline, de Paris, qui est dirigé par Wajdi Mouawad. L’acteur mélange à la fois la grandiloquence, l’érudition et l’impuissance. Dans un tout cohérent, il révèle une âme complexe qui veut se réaliser, mais qui n’y parvient pas.

Magnifique scénographie

La scénographie est magnifique. Les étagères métalliques, les vieilles boîtes de commandes et les bruits des machines nous plongent dans un milieu de travail austère dans lequel le journaliste se nourrit d’illusions. Des projections enrichissent l’ensemble. Le tout est très réussi.

Comme dans la fable de la laitière et le pot de lait, le personnage principal s’imagine ce qui pourrait être, mais la réalité le rattrape et ses rêves s’évaporent comme le lait échappé au sol. Et c’est un peu ce qui attend le spectateur : malgré des espoirs fondés sur un périple réussi, la destination ne s’avère pas être vraiment à la hauteur du voyage.


Rita au désert est présentée jusqu’au 4 décembre au Théâtre de Quat’Sous.