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Crise au SPVQ après des arrestations violentes, cinq policiers suspendus

Cinq agents sont suspendus, dont trois qui sont impliqués dans deux interventions

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La police de Québec suspend avec solde cinq agents en lien avec la violente arrestation, vivement critiquée, d’un jeune homme noir ce week-end. Trois de ces policiers sont d’ailleurs impliqués dans une autre affaire semblable survenue le même soir, faisant aussi l’objet d’une enquête.

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La sanction, réclamée par plusieurs acteurs politiques, est tombée en après-midi mardi.

« [...] Dans le cadre de notre enquête évolutive, la direction du SPVQ tient à communiquer la décision de suspendre cinq policiers impliqués dans les événements », a tout simplement indiqué par communiqué la direction du service de police.

Les cinq agents sont suspendus avec solde « selon les dispositions de la convention collective », précise David Pelletier, porte-parole du SPVQ.

La décision vient après la publication d’une vidéo devenue virale montrant l’arrestation de Pacifique Niyokwizera, un jeune homme noir, à la sortie du Dagobert.

Ce dernier y est violemment frappé par des agents du SPVQ et on voit l’un d’eux lui envoyer de la neige au visage alors qu’il est maîtrisé au sol.

Syndicat surpris

La Fraternité des policiers du SPVQ s’est dite « surprise » par cette décision « à laquelle on ne fait pas face souvent ».

La présidente du syndicat s’est notamment dite inquiète que cette décision découle de pressions politiques.

« Nos policiers ont le droit à un traitement juste et équitable, et pour ce faire, ce traitement ne doit en aucun temps avoir été influencé par une personne intéressée », prévient Martine Fortier, qui assure qu’un « suivi rigoureux » de l’affaire serait fait dans les prochains jours.

« À ma connaissance, il n’y avait pas cinq avis d’enquête disciplinaire qui avaient été transmis en lien avec cette affaire-là. »

Autre enquête

D’autre part, une deuxième enquête interne a été annoncée par la direction du SPVQ en lien avec une autre vidéo montrant des agents contrôler violemment un individu, cette fois-ci au restaurant Portofino de Sainte-Foy.

Cette intervention est également survenue vendredi, quelques heures à peine avant l’arrestation de Pacifique Niyokwizera.

D’ailleurs, la direction du SPVQ confirme que trois des agents suspendus sont impliqués dans les deux affaires.

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La force nécessaire en cause

Dans un cas comme dans l’autre, il faudra déterminer si les agents ont dépassé le niveau de force nécessaire pour mener à bien leur intervention, précise l’ex-policier François Doré.

« La force nécessaire, c’est variable. Ça peut être la voix, ça peut être une poussée, des coups, le poivre, le bâton et même, dans certains cas, l’arme à feu. Oui, des fois, ça peut être un coup de poing sur la gueule ou un coup de genou, mais la question, c’est toujours : est-ce que c’était la force nécessaire pour se rendre maître d’une situation ? », explique le retraité de la Sûreté du Québec.

« Dans ces cas-ci, je trouve qu’il y en a beaucoup pour un gars qui n’a plus l’air de beaucoup se débattre à la fin. »