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King Dave: la chute du roi qui a peur

Du grand Patrick Emmanuel Abellard à la Bordée

King Dave
Photo courtoisie, Rézo L’acteur Patrick Emmanuel Abellard livre une énorme performance dans la nouvelle version de la pièce de théâtre King Dave, présentée à La Bordée.

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Seul sur les planches durant 1 h 40, Patrick Emmanuel Abellard joue, interprète plusieurs personnages, change sa voix, gesticule, joue du piano et dévoile toutes sortes d’émotions. Il livre une énorme performance. 

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À l’affiche jusqu’à samedi à La Bordée, le comédien porte sur ses épaules cet énorme et immense morceau qu’est la pièce King Dave.

Une pièce sur les peurs d’un jeune homme qui prend de mauvaises décisions et qui se retrouve coincé et prisonnier d’un engrenage.

Dans la version originale d’Alexandre Goyette, créée en 2005, Dave était un blanc. Dans cette nouvelle mouture, il est noir. 

Une pièce de théâtre qui tombe à un moment un peu particulier au moment où la ville de Québec est secouée par une intervention policière commise à l’endroit de personnes issues de la diversité.

King Dave va au-delà des problèmes de racisme, mais c’est très présent dans cette version revisitée et mise en scène par Christian Fortin. Il y a des allusions.

Dans son appartement, après avoir pris une première mauvaise décision, pour être cool, Dave regarde une émission policière à la télé. Une émission où les policiers « courent » après des noirs.

« Comme s’il y avait juste des Noirs pour foutre la merde », lance-t-il.

Douceur et élans de rage

Et lorsqu’il raconte qu’il n’a pas été pris au sérieux lorsqu’il a contacté les policiers, à l’âge de 13 ans, après avoir été intimidé et taxé par des blancs à une station de métro.

« Ce n’est pas normal d’avoir peur tout le temps », ajoute-t-il, faisant référence aux blancs qu’il croise à l’arrêt d’autobus, dans le métro et sur le trottoir.

Sur une scène épurée, avec quelques caisses de transports, des pieds de micro, un piano et deux tabourets, Patrick Emmanuel Abellard livre, avec beaucoup de justesse, une panoplie d’émotions. Un texte imposant, intense, parsemé d’humour et qu’il attaque à travers le langage de la rue, des accents prononcés et du créole, où on en perd des petits bouts parfois.

Il joue parfois tout en douceur, il est attendrissant, sympathique et pris par des élans de rage énormes. Il personnifie à la perfection les émotions qui habitent ce jeune homme qui a mal, qui a peur, qui a de la difficulté à trouver sa place et qui recherche le bonheur.

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