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La pandémie continue de frapper les commerçants de la région de Québec

La rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch, quelques mois après le début de la pandémie.
Photo d'archives La rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch, quelques mois après le début de la pandémie.

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La pandémie continue d’affecter lourdement les commerçants de Québec alors que certains accusent une baisse de fréquentation atteignant 42% et que le recours au télétravail persiste.

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Un sondage inédit réalisé par la firme Léger pour le compte de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) dévoilé mardi révèle à quel point la crise sanitaire a fait mal aux entrepreneurs en modifiant les habitudes des consommateurs.

En date d’octobre, celles-ci n’ont toujours rien à voir avec ce qu’elles étaient avant la pandémie, notamment dans les artères commerciales.

Les répondants devaient évaluer à quelle fréquence ils réalisent des achats dans les commerces d’un secteur donné. Tous les pôles étudiés subissent une diminution, à des degrés divers.

Les grands perdants sont les centres commerciaux et les commerces du Vieux-Québec, qui connaissent un effondrement de leur clientèle de 42% et de 40%, respectivement.

Les commerces de proximité dans les quartiers résidentiels, où la baisse n’est que de 5%, sont ceux qui s’en sortent le mieux.

Globalement, près du tiers des consommateurs admettent que depuis le début de la pandémie, ils consomment moins qu’avant dans les commerces de la région.

Cyntia Darisse, vice-présidente du bureau de Québec de Léger, et Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec.
Photo Dominique Lelièvre
Cyntia Darisse, vice-présidente du bureau de Québec de Léger, et Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec.

Ingéniosité

Si la plupart des entreprises sont parvenues à garder la tête hors de l’eau jusqu’à maintenant, c’est d’abord grâce à leur ingéniosité et aux aides gouvernementales.

Sans surprise, les achats en ligne ont explosé de 39%. L’étude ne fait pas la distinction entre les géants du web et les commerces d’ici, mais pour le président de la CCIQ, Steeve Lavoie, il est clair que «ce n’est pas juste du Amazon».

Nos entrepreneurs ont développé à la vitesse grand V leurs formules numériques, même s’il «en reste encore beaucoup à faire», selon lui.

Cette tendance n'est pas près de disparaître, car même après la pandémie, l’écart du commerce en ligne devrait se maintenir à +26%.

«Les investissements que les gens locaux font actuellement, ils ne les font pas pour rien», en conclu Steeve Lavoie.

Un ressac est toutefois redouté quand les programmes gouvernementaux vont éventuellement disparaître ou ralentir. «C’est sûr qu’il va en avoir, des fermetures», craint M. Lavoie.

«Ces résultats doivent allumer des feux jaunes. Les gouvernements devront continuer d’être au rendez-vous pour soutenir nos commerçants pour un certain temps», a-t-il résumé, en lançant le même appel à la clientèle.

La bonne nouvelle, c’est que la situation actuelle semble temporaire, car l’écrasante majorité des répondants prévoit de reprendre ses anciennes habitudes, quand la crise sanitaire sera finalement derrière nous.

Selon le sondage, tous les secteurs commerciaux étudiés peuvent espérer retrouver leur fréquentation d’avant, à l’exception notable des centres commerciaux, où il y aura encore une baisse de 9% des visites par rapport à l’avant-pandémie.

Télétravail

Le retour au bureau des travailleurs, un élément clé pour la prospérité des artères commerciales, se fait toutefois très lentement. Même à temps partiel, l’impact positif ne serait «pas négligeable», a souligné M. Lavoie.

Pas moins de 57% des travailleurs de la région ont fait du télétravail durant la pandémie, parmi lesquels 68% travaillent toujours principalement à la maison à ce jour.

Une divergence d’opinions apparaît entre les travailleurs et les employeurs. Quelque 53% des employés souhaitent retourner au bureau, dont 47% en mode hybride et seulement 6% à temps plein. Pendant ce temps, 94% des employeurs désirent leur retour, à temps partiel (66%) ou à temps plein (28%), dans les lieux physiques.

La CCIQ évoque d’autres pistes de solution pour aider les commerçants, comme de mieux les informer et les accompagner dans la recherche d’aides financières, car en ce moment, un nombre étonnant ne connaissent pas tous les programmes qui sont disponibles.

La revitalisation des quartiers est aussi une avenue intéressante, selon M. Lavoie.

Achat local

Autre fait encourageant, le sondage démontre que les consommateurs sont très sensibles à l’achat local. Par contre, ils consomment «québécois» au sens de produits du Québec, alors que leur attachement pourrait être plus développé envers les offres purement locales.

Le sondage a été réalisé du 21 octobre au 7 novembre 2021 auprès de 579 adultes, soit des employés et des employeurs de la région de Québec. La marge d’erreur est de plus ou moins 4%.

Baisse des visites mensuelles avec achat en date d’octobre, par rapport à avant la pandémie:   

  • Dans les quartiers résidentiels0: -5%   
  • Sur internet: +39%   
  • Dans les commerces du secteur Lebourgneuf: -24%   
  • Dans un centre commercial de la région: -42%   
  • En basse-ville de Québec: -35%   
  • Dans les commerces du Vieux-Québec: -40%      

Variation attendue des visites mensuelles avec achat après la pandémie, par rapport à avant la pandémie:   

  • Dans les quartiers résidentiels: -1%   
  • Sur internet: +26%   
  • Dans les commerces du secteur Lebourgneuf: +4%   
  • Dans un centre commercial de la région: -9%   
  • En basse-ville de Québec: 0%   
  • Dans les commerces du Vieux-Québec: 0%      

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