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Prix de l’essence: des stations-service encore trop gourmandes

CAA-Québec estime que les prix à la pompe devraient être beaucoup plus bas

Le prix de l’essence était très élevé la fin de semaine dernière à Québec, avant de baisser légèrement en début de semaine.
Photo Didier Debusschere Le prix de l’essence était très élevé la fin de semaine dernière à Québec, avant de baisser légèrement en début de semaine.

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La récente diminution du prix de l’essence est « loin d’être suffisante », affirme CAA-Québec, qui déplore le fait que les stations-service bougent plus rapidement lorsque vient le temps de piger dans les poches des automobilistes avec des hausses à la pompe.

Ces derniers jours, le prix de l’essence ordinaire au litre a chuté de 5 à 10 cents à travers le Québec, alors que les indicateurs pétroliers ont plongé en raison de l’incertitude entourant le variant Omicron de la COVID-19.  

Plusieurs pays, dont les États-Unis, prévoient aussi piger dans leur réserve stratégique de pétrole pour augmenter l’offre de pétrole brut sur le marché, ce qui a également eu un impact sur les tarifs à la pompe, estime CAA-Québec. 

Malgré la récente baisse de prix sur le litre d’essence ordinaire, CAA-Québec est d’avis que les marges prélevées au détail « restent élevées » et qu’elles sont « difficilement justifiables » en ce moment, surtout lorsqu’on regarde les tarifs au litre qui sont chargés aux consommateurs dans la région de Québec.  

En gros, cela signifie que certains propriétaires de stations-service sont encore trop gourmands envers les automobilistes. 

D’ailleurs, pour l’ensemble du Québec, seule la région de l’Outaouais offre un prix moyen à la pompe plus bas que le prix réaliste fixé par CAA-Québec. 

  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio : 

Écarts importants

Dans la Capitale-Nationale, le prix moyen pour un litre d’essence ordinaire était de 1,499 $ le litre, mardi. À Montréal, il était de 1,468 $. 

Or, pour la journée de mardi, le prix réaliste dans la Capitale-Nationale se chiffrait à 1,41 $, selon CAA-Québec. Le prix réaliste comprend le coût d’acquisition de 1,319 $, et la marge au détail moyenne de la dernière année, qui est de 9,1 cents le litre. À Montréal, le prix réaliste était fixé à 1,423 $. 

« La fixation des prix dans la province depuis le 26 novembre ne correspond pas à cette chute importante des indicateurs pétroliers [...] Le délai des essenceries a de quoi faire réfléchir », se questionne CAA-Québec.

Ce dernier mentionne que la marge prélevée par les détaillants à Québec était d’environ 15,7 cents par litre, mardi, et de 9,7 cents du côté de Montréal. La marge moyenne provinciale annuelle est de 5,5 cents par litre.

Samedi, le président de l’association Canadiens pour l’énergie abordable, Dan McTeague, avait indiqué au Journal que le prix de l’essence devrait remonter mercredi ou jeudi.

« Extrêmement contrariant »

La Maison-Blanche a jugé mardi « extrêmement contrariant » le décalage entre l’essence qui reste chère aux États-Unis, alors que le cours du pétrole baisse, pointant la responsabilité des multinationales du secteur. 

« Nous sommes contrariés parce qu’il y a une baisse du prix du pétrole. Il n’y a pas de baisse du prix de l’essence. [...] Il n’y a pas besoin d’être un économiste, il n’y a pas besoin d’être un expert du marché pétrolier pour s’en rendre compte », a indiqué la porte-parole Jen Psaki lors d’un point de presse à bord de l’avion présidentiel Air Force One. 

Jen Psaki a rappelé que le président américain Joe Biden avait saisi l’autorité de la concurrence à ce sujet. 

– Avec l’AFP 

Régions : prix moyens à la pompe/prix réalistes   

  • Capitale-Nationale 1,499 $/ 1,41 $  
  • Montréal 1,468 $/1,423 $  
  • Laval 1,455 $ /1,426 $  
  • Chaudière-Appalaches 1,499 $/1,395 $  
  • Saguenay–Lac-Saint-Jean 1,388 $/1,331 $   

Source : CAA-Québec (hier)

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