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Interventions controversées du SPVQ: une «onde de choc» à la police

Le directeur du SPVQ concède que les vidéos qui s’accumulent sont préoccupantes, mais invite à la prudence

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Le chef de la police de Québec reconnaît que les vidéos qui montrent des agents employer la force contre des citoyens jusqu’à en blesser certains sont préoccupantes, du moins lorsque prises « isolément », au moment où son service traverse une crise d’une rare ampleur.

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« Si c’est pris isolément, tout seul, hors contexte – c’est pour ça que j’ai ouvert une enquête, je n’ai pas attendu qu’il y ait une plainte –, c’est préoccupant. On va faire la lumière là-dessus », a affirmé Denis Turcotte, aujourd'hui, peu après qu’une quatrième intervention policière controversée eut été portée à l’attention du public.

« Ça ne peut pas être la routine » d’utiliser des techniques musclées, a-t-il plaidé. Par contre, de manière générale, « la force est employée assez régulièrement quand les gens résistent à leur arrestation », a-t-il évoqué.

Le chef de la police de Québec, Denis Turcotte, a assuré aujourd'hui que l’enquête interne sur les divers incidents médiatisés « est très active ». Il n’a pas écarté la suspension d’autres policiers « si c’est nécessaire ».
Photo Stevens LeBlanc
Le chef de la police de Québec, Denis Turcotte, a assuré aujourd'hui que l’enquête interne sur les divers incidents médiatisés « est très active ». Il n’a pas écarté la suspension d’autres policiers « si c’est nécessaire ».

En poste depuis seulement sept mois, le directeur du SPVQ a concédé que la suspension mardi de cinq policiers a eu l’effet d’une « onde de choc » dans son organisation. « Ce n’est pas banal ce qui s’est passé. »

Ces derniers ont été retirés pour « préserver l’intégrité de l’enquête » et pour leur sécurité. Ils n’ont pas encore été rencontrés pour donner leur version des faits, car le SPVQ et le commissaire à la déontologie, qui a « préséance », doivent « coordonner » leurs enquêtes respectives.

Photo Stevens LeBlanc

« Établir la vérité »

Le chef de police, dont le dernier point de presse remontait à dimanche, a évité de condamner ou de défendre le comportement des policiers, disant vouloir d’abord « établir la vérité, les faits ».

Il a insisté sur le fait que les brèves séquences vidéo ne donnent pas toute l’histoire et qu’il faut connaître ce qui s’est passé avant et après pour en juger.

Il n’a pas voulu dire si pour un policier, le fait de balayer de la neige avec sa botte sur le visage d’un suspect noir retenu au sol par plusieurs agents est un comportement qui pourrait être acceptable, comme ce que l’on peut voir dans une vidéo filmée tôt samedi près du Dagobert.

« Je ne suis pas dans l’acceptable ou dans le non-acceptable, je suis plus dans l’analyse de qu’est-ce qui a été fait et pourquoi », a-t-il spécifié.

Lors de cet événement, a-t-il déclaré, cinq personnes ont été arrêtées pour avoir causé du désordre et une autre pour voie de fait sur un agent de la paix. Parmi elles, « deux ont résisté à leur arrestation. Donc, c’est ce qu’on a vu dans les premières séquences vidéo ».

Photo Stevens LeBlanc

De nouvelles images

D’autre part, il n’a pas voulu commenter des images captées en octobre et diffusées aujourd'hui, dans lesquelles un homme interpellé au District Saint-Joseph semble être projeté au sol même s’il est menotté à l’extérieur. « Est-ce qu’on voit ce que la personne fait avant ? » a-t-il demandé, disant ne pas avoir encore vu la vidéo.

Denis Turcotte a promis d’aller « au fond des choses » avec toute la rigueur nécessaire. Les enquêtes en cours se pencheront sur d’éventuels manquements disciplinaires, déontologiques ou même criminels, a-t-il détaillé.

Il a pris la défense de l’unité GRIPP, qui semble chaque fois impliquée, tout en ouvrant la porte à une réforme de celle-ci. Cette escouade a plusieurs chapeaux, dont la surveillance des bars, mais aussi la lutte au proxénétisme, au crime organisé ou encore à la violence par armes à feu.     

  • Écoutez Jean-François Lisée et Thomas Mulcair au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

Le chef Denis Turcotte fait le point         

  • « Je réitère toute ma confiance envers mes troupes, [elles] font un travail essentiel pour notre société. »  
  • « L’unité GRIPP, pour une ville comme Québec, c’est une unité qui a plus que sa raison d’être [...]. Le travail qu’ils font en marge, que vous ne voyez pas, [...] fait en sorte qu’on a un certain contrôle sur la criminalité, qui fait en sorte que vous et moi on circule librement et en sécurité dans la ville. »  
  • « Tout dépend [de] ce qui s’est passé avant, pendant et après. On va être à même de juger après ça de ce qu’il s’est passé et si c’était répréhensible ou non, mais ça, c’est l’enquête qui va le démontrer. »  
  • « On fait des enquêtes rigoureuses, en profondeur. »   

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