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Boucherie Huot: une peine pour «mettre un baume» sur les blessures

L’ex-proprio de la Boucherie Huot et son fils condamnés

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Photo d'archives Carl Huot (debout) et Bernard Huot au palais de justice de Québec en janvier 2020. En novembre 2016, un employé s’était gravement blessé à leur boucherie.

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Après avoir pris un temps de réflexion, la juge Annie Trudel a décidé d’entériner la suggestion inhabituelle qui visait d'abord à réparer les torts commis dans le dossier de l’ancien propriétaire de la Boucherie Huot et de son fils, trouvés coupables de négligence criminelle causant des lésions corporelles.

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Bernard et Carl Huot ont donc été condamnés à une peine d’emprisonnement de 90 jours à purger de façon discontinue. De plus, l’ancien propriétaire de la Boucherie Huot, âgé de 71 ans, et son fils, âgé de 39 ans, devront indemniser la victime, Olivier Bouchard, pour un montant global de 125 000$.  

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Photo d'archives, Agence QMI

Une proposition «qui sort des sentiers battus», comme l’avait mentionné le poursuivant, Me Marc Gosselin, lors des observations sur la peine.  

Selon ce qu’il avait mentionné à la Cour, cette suggestion faite de façon commune avec l’avocat de la défense, Me Charles Levasseur, sert à punir le crime commis par le père et le fils.  

Toutefois, elle est davantage «axée sur la réparation des torts causés au jeune homme», dans le but de lui permettre d’avoir «un nouveau départ et d’améliorer le reste de sa vie». 

Me Levasseur avait également précisé à la Cour que cette idée de dédommager le jeune homme émanait de ses clients, mais qu’il ne s’agissait pas là d’une façon de «s’acheter une peine», mais plutôt d’une forme «de remords et de regrets».  

Victime «courageuse et résiliente»

Avant d’entériner la suggestion, la juge Trudel a rappelé qu’elle retenait, à titre de facteurs aggravants, le laxisme dont ont fait preuve les accusés, qui savaient que le dispositif du couvercle du hachoir avait été détourné depuis 2014, ainsi que les conséquences dramatiques vécues par la victime.  

Concernant les facteurs atténuants, elle a considéré que les accusés n’avaient aucun antécédent judiciaire, qu’ils avaient toujours été des actifs pour la société et qu’ils avaient démontré une réelle volonté de s’amender, ce qui témoigne «de leurs remords et de leur prise de conscience».   

«En terminant, je tiens à souligner le courage et la résilience de la victime et j’espère que cette peine va permettre de mettre un baume sur ses blessures», a mentionné la présidente du Tribunal.  

Rappelons que c’est en 2016 que le jeune Olivier, nouvellement employé de la boucherie et âgé d’à peine 18 ans, avait subi de lourdes séquelles après s’être retrouvé la tête et le bras coincés dans un hachoir à viande qui était «fonctionnel, mais non sécuritaire».   

Parallèlement au dossier criminel, la jeune victime qui est inapte au travail depuis les tristes événements a également entamé une poursuite civile de 300 000$ à l’encontre de ses anciens employeurs.