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L’étoffe d’un maire

Le maire de Québec, Bruno Marchand (à gauche) et le chef du SPVQ, Denis Turcotte.
Photo Didier Debusschère Le maire de Québec, Bruno Marchand (à gauche) et le chef du SPVQ, Denis Turcotte.

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Le maire de Québec et son équipe ont dû se retourner rapidement devant l’ampleur qu’a prise la crise provoquée par la circulation d’images montrant des arrestations violentes menées par des policiers de Québec. Une première crise depuis l’élection.

Un message a d’abord été publié sur Twitter par Bruno Marchand, samedi, où il faisait part de sa préoccupation devant ces images troublantes d’un jeune Noir arrêté sur Grande Allée. 

Son équipe et lui ont voulu se donner un peu de temps avant de planifier une sortie en bonne et due forme. Il manquait encore trop d’éléments.

Une rencontre a eu lieu dès le lendemain, à l’hôtel de ville, afin d’évaluer deux scénarios : réagir rapidement ou attendre. Le premier a été retenu, tout en sachant qu’il faudrait doser ce qui pouvait être dit ou pas, dans cette situation très délicate.

Sortie commune

En plein dimanche, les plans de bien des gens dans la machine de l’Hôtel de Ville ont ainsi dû être bousculés. La directrice générale adjointe à la sécurité publique a été rencontrée.

La décision d’effectuer une sortie commune, en après-midi, du maire et du chef de police, Denis Turcotte, a été prise. Ce dernier est entré en poste en mai. Tous deux gèrent leur première crise. 

En plus de signifier qu’il prenait la situation au sérieux, Bruno Marchand a démontré qu’il avait l’étoffe d’un maire.

La situation commandait de dénoncer certains gestes, sans pour autant « taper sur la police » ni faire d’ingérence. Le service doit demeurer indépendant du politique. 

M. Marchand a su trouver le ton et les mots justes. Il n’était pas question, pour son équipe et lui, de commettre les erreurs de Valérie Plante, dont les relations houleuses avec le service de police font souvent la manchette.

Cumul d’événements

Dans les jours suivants, des vidéos d’autres arrestations troublantes, impliquant la police de Québec, se sont mises à circuler. C’est depuis l’onde de choc. 

Si certaines personnes ont au départ crié au profilage racial, comparant le tout à George Floyd ou à Joyce Echaquan, l’affaire a pris une tout autre teneur. Les événements suivants impliquent en effet des Blancs, et un même policier. 

Des enquêtes sont en cours afin d’y voir plus clair. Mais la séquence démontre à quel point il est toujours hasardeux de se baser, comme l’ont fait plusieurs, sur des images partielles d’événements pour analyser une situation et tenter d’en tirer des conclusions hâtives.