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Huitième coupe Vanier pour les Mustangs

Western a fait fi du terrain glissant pour renverser les Huskies de la Saskatchewan en finale canadienne

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Les Mustangs de Western n’ont pas dérapé sur le terrain du Stade Telus de Québec, transformé en patinoire par la pluie et le froid des derniers jours. Ils ont remporté samedi la huitième coupe Vanier de leur prestigieuse histoire en battant les Huskies de la Saskatchewan au compte de 27 à 21.

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L’équipe de l’entraîneur-chef Greg Marshall a ainsi pansé les plaies de la défaite subie en 2018 dans ce même stade, aux mains du Rouge et Or.

Il s’agit pour Western d’un premier titre canadien depuis 2017, alors qu’ils avaient cette fois eu le dessus sur l’Université Laval. 

« C’est un peu surréel en ce moment ! » a lancé le finissant québécois Nicolas Thériault, qui a soulevé le trophée sur le terrain où il a fait ses débuts au football organisé, avec le « mini Rouge et Or ». 

« Je suis tellement fier pour mes coéquipiers, pour l’organisation, pour moi, a ajouté le joueur de ligne défensive. C’est le sentiment du travail accompli à travers des mois, des années. »

Magasinage de souliers

Il faisait -11 degrés quand le coup d’envoi de la 56e Coupe Vanier a été donné aux alentours de 13 h, samedi. Quelque 5600 spectateurs (la plus petite foule depuis 1965) avaient acheté un billet pour la rencontre ultime qui, pour la première fois en 12 ans, ne mettait en vedette aucune université québécoise. 

En raison de la pluie verglaçante tombée sur Québec jeudi soir et des températures froides des derniers jours, le terrain du Stade Telus était non seulement dur, mais aussi très glissant. 

Si bien que des entraîneurs des Mustangs, accompagnés de parents des joueurs, ont dû dévaliser des Sports Experts de la région afin de trouver des souliers mieux adaptés aux conditions. 

Les Mustangs rapides

Cela n’a pas évité les chutes, nombreuses pendant toute la rencontre. Mais cela n’a pas non plus ralenti les Mustangs, qui n’ont eu besoin que de cinq jeux à leur première possession de ballon du match pour inscrire le touché. 

« C’est dommage qu’il y ait eu cette pluie verglaçante jeudi soir, ç’a changé les conditions du terrain. Mais c’était la même chose pour les deux équipes et je pense que nous nous sommes adaptés assez rapidement », a analysé l’entraîneur-chef de l’équipe perdante, Scott Flory. 

Ce dernier tentait de mener les Huskies à leur premier championnat canadien depuis 1998, à l’époque où l’ancien des Alouettes portait les couleurs de l’Université de la Saskatchewan. 

Les Huskies se sont inscrits à la marque à mi-chemin au premier quart. Le botteur David Solie a réussi un placement de 26 verges, puis au début du deuxième quart, le pivot Mason Nyhus a rejoint le receveur Daniel Perry pour procurer l’avance à la Saskatchewan. 

Western tirait de l’arrière par deux points quand les formations ont gagné le vestiaire à la demie. Et quand les Mustangs en sont ressortis, ils avaient retrouvé leur aplomb. 

« En première demie, on ratait des jeux évidents », a commenté le quart Evan Hillock », qui a conclu sa première saison universitaire avec la coupe Vanier, mais aussi avec le titre de joueur par excellence du match. 

« Mais après, on a mieux trouvé les espaces. Griffin [Campbell] a bien utilisé sa vitesse sur le premier touché de la deuxième demie, puis il a bien attrapé ma passe sur le second. »

Campbell a effectivement réussi le plus beau jeu offensif du match, quand il a parcouru 50 verges avec le ballon pour redonner les devants à l’université ontarienne. 

La résilience de Western

Le receveur a inscrit un second majeur un peu plus tard au troisième quart, plaçant la rencontre hors de portée des Huskies, malgré une ultime poussée avec moins d’une minute à faire.

Un scénario qui pouvait ressembler à celui écrit par les joueurs de Flory il y a une semaine contre les Carabins de l’Université de Montréal. Mais cette fois, l’écart était trop grand.  

« Ce titre témoigne vraiment de la résilience de notre groupe », a souligné le vétéran entraîneur Greg Marshall, qui dirigeait les Mustangs dans un quatrième match de la Coupe Vanier. 

« Il y a un an, on ne pouvait même pas s’entraîner. Les gars sont devenus vraiment bons pour les rencontres Zoom, par contre ! a-t-il ajouté. Puis, on ne savait pas si on pourrait compléter cette saison, en raison de la pandémie. J’ai dit à mes joueurs de disputer chaque match comme si c’était leur dernier. C’est ce qu’ils ont fait. »

Un coup d’œil dans les estrades

Photo Didier Debusschère

Nicolas Thériault a joué le dernier match de sa carrière devant famille et amis, samedi au Stade Telus de Québec. Le joueur de ligne défensive des Mustangs de Western n’aurait pu rêver d’un meilleur scénario, a-t-il reconnu après le match.

« J’ai pu les serrer dans mes bras après la victoire. C’est surréel », a lancé samedi le joueur de Québec, qui déménagera de London à Montréal dans les prochains mois afin d’amorcer sa carrière professionnelle. 

« On n’avait pas besoin d’une motivation supplémentaire, mais à la demie, quand on tirait de l’arrière par deux points, j’ai jeté un coup d’œil dans les estrades », a-t-il poursuivi en souriant. 

Thériault aura goûté deux fois aux joies de la Coupe Vanier dans sa carrière. En 2017, quand il était une recrue avec les Mustangs, puis cette saison, à titre de vétéran. 

Son stage universitaire se terminera lundi, avec la remise de son ultime travail de maîtrise. « [Aujourd’hui], on va en profiter pour célébrer. Et on risque de fêter fort ! » a-t-il lancé en riant. 

Une coupe entre frères

Les frères Brendan et Jordan Murphy, de Châteauguay, ont pour leur part pu célébrer ensemble la conquête de la Coupe Vanier. 

Brendan, aussi un joueur de ligne défensive, a pris la décision avant le début de la saison de quitter le programme de l’Université de Guelph afin de se joindre aux Mustangs. 

Le but avoué était de jouer aux côtés de son cadet, un demi défensif. 

« Durant la pandémie, j’ai réalisé à quel point je voulais jouer avec mon frère. Le sentiment de gagner ce trophée, c’est indescriptible. On peut seulement profiter du moment », a-t-il déclaré. 

Apprendre de la défaite

Scott Flory avait retrouvé en partie son sourire quand il s’est présenté devant le journaliste après la défaite. Mais il a reconnu que ce revers était « très difficile » à encaisser. 

Au cours de sa carrière de joueur, l’ancien joueur de ligne offensive des Alouettes a connu les joies de trois coupes Grey, mais aussi l’agonie de quatre défaites en finale de la Ligue canadienne. 

Et même si la douleur était vive samedi, l’entraîneur-chef des Huskies estimait que ce moment ferait davantage apprécier à ses joueurs une éventuelle victoire au match de la Coupe Vanier. 

« Nous allons prendre le temps de réfléchir, a-t-il dit. Je pense que c’est important de ressentir ces émotions, de comprendre ce que l’on ressent. Nous n’allons pas tourner la page trop vite. »

« C’est évidemment décevant. Comme joueur, j’ai connu tant la victoire que la défaite. J’ai appris que lorsqu’on a perdu dans notre carrière, ça nous fait davantage apprécier la victoire. »

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