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Meurtre à Anjou: personne n’est à l’abri, croit le père de la victime

Son fils s’est fait abattre jeudi soir et n’était pas membre d’un gang de rue selon lui

Hani Ouahdi
Photo tirée d'Instagram Hani Ouahdi, alias El DZairy, tué par balle jeudi soir dans l’arrondissement Anjou, à Montréal.

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Le père du jeune de 20 ans abattu jeudi soir, dans l’arrondissement Anjou, croit que plus personne n’est à l’abri de la violence liée aux gangs de rue à Montréal.

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« Aujourd’hui, c’est mon fils. Demain, peut-être que ce sera votre frère », a soufflé Mustapha Ouahdi, père de Hani Ouahdi, rencontré hier après-midi devant sa résidence de Laval.

« Peut-être que ça fait partie des accidents de gangs. Il a été lâchement tué. Maintenant, les gens, ils tuent comme ça. J’espère que le SPVM fera le nécessaire », a ajouté le père de la victime. 

Est-ce que son fils, qui selon ses dires travaillait à Toronto jusqu’à samedi dernier, faisait lui-même partie d’un gang ?

« Jamais, a répondu instantanément M. Ouahdi. À part quelques contraventions de la route, il n’avait rien. Il voulait chanter, vivre, mais rien de mal. » 

Hani Ouahdi n’avait vraisemblablement aucun casier judiciaire.

Jeudi, vers 19 h 15, le chanteur sans histoire et connu sous le surnom de El DZairy est néanmoins devenu victime du 32e homicide à survenir cette année dans la métropole, et pas le premier rappeur.

Les coups de feu tirés tôt en soirée ont semé la commotion dans le secteur.
Photo Agence QMI, Thierry Laforce
Les coups de feu tirés tôt en soirée ont semé la commotion dans le secteur.

Ce dernier a été atteint mortellement par balle alors qu’il était à bord d’un véhicule stationné sur le boulevard des Roseraies, au coin de l’avenue de la Nantaise.

Il était accompagné d’un adolescent de 17 ans, connu des policiers, qui s’est lui aussi fait tirer dans le haut du corps. 

En sang au dépanneur

Celui-ci a cependant été capable de fuir jusqu’au dépanneur Beau-soir, sur le boulevard des Galeries d’Anjou, à 350 m de là.

Sous le choc de voir un individu couvert de sang, le commis a composé le 911, nous dit-on. L’ado a survécu à l’attentat, contrairement à son ami.

Selon le père du défunt, l’adolescent, qu’il ne connaît pas, est venu chercher son fils chez lui, jeudi. Il ne sait cependant pas exactement où le duo se dirigeait.

« Il fait partie d’un groupe de rap. Le site où ils répétaient et préparaient leurs chansons, c’était dans ce secteur-là. Je ne sais pas. Je ne l’ai pas suivi », a dit M. Ouahdi.

L’homme a décrit son fils, qui devait intégrer l’Université du Québec à Montréal en janvier, comme un « brave type », « adorable », et « que tout le monde aimait ». 

En prononçant ces mots, il pointait vers la vingtaine de voitures de gens venus se recueillir chez lui, hier. Quelques-uns étaient en pleurs, atterrés par le drame.

Un père fier

« J’étais toujours fier de mon fils. Il adorait travailler. Quand il embarquait dans un truc, il fallait qu’il le fasse bien. Il adorait le sport. Il avait des valeurs et vivait sa vie comme un jeune, point final. Il voulait vivre et voyager. Il est parti dans la fleur de l’âge », a confié le père endeuillé, qui n’a pas bronché en louangeant son fils.

« Il ne m’a jamais déçu. Il mérite bien que je sois debout pour lui », a-t-il succinctement expliqué. Son épouse vivrait plus difficilement la tragédie qui les frappe. 

« Elle est dans sa chambre à sentir ses vêtements, son odeur », a confié M. Ouahdi.

L’enquête de la police de Montréal est en cours. Un suspect a été aperçu à la course par des résidents, qui ont entendu quatre détonations. Or, aucune arrestation n’avait encore été effectuée hier soir.

– Avec Francis Pilon et Maxime Deland, Agence QMI


♦ Le Journal titrait à la une, hier, que la victime de la fusillade était un adolescent. Cette information provenait des services policiers, qui ont rectifié l’âge de l’homme abattu après l’heure de tombée.

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