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Aventure solo pour Marilyn Castonguay

Elle joue dans la pièce Les filles et les garçons à La Bordée

Marilyn Castonguay
Photo courtoisie, Andréanne Gauthier Marilyn Castonguay

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Vingt-trois mois après avoir habité, seule sur les planches, la pièce Les filles et les garçons, Marilyn Castonguay plonge à nouveau dans cette aventure solo de presque deux heures avec dix représentations au théâtre La Bordée.

Dans sa loge, le 22 février 2020, lors de la dernière de 30 représentations à la Licorne, à Montréal, l’actrice ne croyait pas habiter à nouveau cette femme, sans nom, qui se raconte sur les planches.

Il n’y avait pas de tournée à l’horaire et c’est le printemps dernier que les représentations de Québec se sont concrétisées.

« C’est vraiment une belle surprise que ça reprenne vie. Je suis très heureuse que le plus de gens possible puissent voir cette pièce qui est un questionnement sur l’état de notre monde et de notre société. C’est un spectacle sur le courage et l’instinct de survie », a-t-elle lancé, après un avant-midi de répétition.

À l’affiche à partir de mardi soir et jusqu’au 18 décembre à La Bordée, Les filles et les garçons, du dramaturge britannique Dennis Kelly, met en scène une femme qui parle de sa vie. Une femme qui aborde la rencontre avec son conjoint, ses enfants, ses voyages, ses excès de jeunesse, comment elle a réussi à monter sa propre entreprise, et qui connaîtra l’horreur.

« C’est une femme avec assez d’aplomb, pas trop de censure et qui parle avec panache et humour. Elle s’adresse directement au public », a expliqué l’actrice qui reprendra son rôle d’Huguette Delisle dans la deuxième saison de la série C’est comme ça que je t’aime.

Prix d’interprétation

Lorsqu’elle a été approchée par le metteur en scène Denis Bernard, à l’automne 2019, Marilyn Castonguay était loin d’être convaincue qu’elle était capable d’affronter, seule sur scène, un spectacle d’une heure cinquante. 

« J’avais peur. Je n’étais pas capable de me voir affronter ça seule sur scène. J’ai adoré le texte et c’est ce qui m’a fait dire oui. Je suis tombé en amour avec cette langue et cette femme qui s’exprime sans être dans le politically correct. J’étais aussi, plus prête, avec dix ans d’expérience, à affronter cette partition. Ce n’est pas quelque chose, toutefois, que j’aurais fait en sortant de l’École nationale de théâtre », a-t-elle raconté.

Reprendre les 63 pages de ce texte, presque deux ans plus tard, n’a pas été une opération si complexe.

« C’est inscrit en moi. Les mots reviennent plus facilement. Le travail des dernières semaines consistait à redonner vie et habiter à nouveau ce personnage », a-t-elle expliqué.

À l’approche de la première à La Licorne, Marilyne Castonguay avait l’impression qu’elle était pour s’évanouir.

« J’ai travaillé tous les jours entre le 1er octobre 2019 et le 7 janvier 2020. J’étais prête et capable de le faire. J’aime ça lorsque c’est difficile. J’ai l’impression de me dépasser et d’avancer », a-t-elle laissé tomber.

Et les efforts déployés ont été récompensés avec le Prix d’interprétation féminine reçu, lundi dernier, par l’Association québécoise des critiques de théâtre.