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Jeux de Pékin: la pression monte sur Ottawa pour un boycottage

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La pression monte sur le Canada pour qu’il emboîte le pas aux États-Unis, après que ceux-ci ont annoncé lundi leur intention de ne pas envoyer de représentants diplomatiques à Pékin, à l'occasion des Jeux olympiques d’hiver 2022.

• À lire aussi: Les États-Unis annoncent un boycottage diplomatique des JO de Pékin en 2022

Affaires mondiales Canada a indiqué, dans un courriel, qu'il a été informé de la décision du gouvernement américain et a souligné que des discussions avec les alliés du Canada se poursuivraient.

De fait, un boycottage diplomatique fait partie des «options» qui sont actuellement sur la table, a confirmé le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, lundi après-midi.

Soulignons qu’en février dernier, le Parlement avait reconnu à l’unanimité que l’État chinois menait un génocide des Ouïghours dans la région du Xinjiang, située au nord-ouest du pays. Seul le Conseil des ministres, incluant Justin Trudeau, s’était abstenu.

Une pression plus forte  

Même si les Jeux «ne sont pas en danger», la décision des États-Unis exercera une pression «plus forte» sur le Canada et ses alliés traditionnels pour qu'ils prennent une décision similaire, estime l’ancien délégué général du Québec à New York, John Parisella.

«Les Jeux vont avoir lieu, les athlètes vont être présents, c’est juste que la cohorte politique qui profite beaucoup de ce genre d’événement là pour faire de la diplomatie sur le plan mondial ne sera pas présente», a-t-il dit sur les ondes de LCN.

Le boycottage diplomatique est déjà soutenu par l’ensemble des partis d’opposition, du Parti conservateur au NPD. Pour le Bloc Québécois, il s’agit du «strict minimum», et le gouvernement devrait carrément demander le report des Jeux, ce à quoi il s’est refusé la semaine dernière. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Guy St-Jacques, ambassadeur du Canada en Chine de 2012 à 2016, sur QUB radio:  

Un boycottage non nécessaire    

Jocelyn Coulon, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM), estime que «nous n’avons pas à suivre les États-Unis», car «nous devons d'abord déterminer notre réaction selon notre propre lecture du contexte».

«Il est toujours important de garder ouverte la voie du dialogue. La présence de la ministre des Sports, par exemple, serait une manifestation de notre appui à nos athlètes, et une façon de garder les communications ouvertes avec la Chine», a déclaré par courriel M. Coulon.

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

Pour cet analyste qui a conseillé Justin Trudeau sur les questions internationales avant qu’il ne prenne le pouvoir, le plus urgent serait de nommer «rapidement» un nouvel ambassadeur en Chine, en remplacement de Dominic Barton, qui a annoncé, lundi, son départ pour la fin de l’année.

Une «provocation politique»    

Le boycottage diplomatique des États-Unis est considéré comme de la «pure et simple provocation politique» aux yeux de la Chine, qui a promis des «contre-mesures fermes» advenant un tel scénario.

Dans une déclaration publiée sur le site de l’ambassade chinoise à Washington, le ministre chinois des Affaires étrangères a déclaré que les diplomates américains n’étaient même pas invités à assister aux Jeux, de toute façon.

«Ces vœux pieux et cette attitude purement démagogique ont pour but la manipulation politique», a dit Zhao Lijian.