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Polytechnique: un impact sur des générations

Polytechnique
Photo Pierre-Paul Poulin

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Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte : il y a 32 ans, jour pour jour, avait lieu l’attentat de l’École polytechnique. Quatorze femmes ont été assassinées parce qu’elles étaient des femmes.

En vieillissant, en m’émancipant, je réalise à quel point cette tuerie a eu une incidence sur les femmes de ma génération. 

Je me souviens de l’émotion avec laquelle ma mère et mes tantes me parlaient de l’événement. C’est comme si on leur avait enlevé une part de leur innocence. Elles ont réalisé que le simple fait d’être femme pouvait entraîner la mort.

Et ce sont ces femmes qui ont élevé les enfants de ma génération. Quand j’étais jeune, je ressentais toute la peine, le découragement, mais aussi l’espoir et l’envie de changer les choses qu’elles vivaient.

Ce désir de rendre le monde meilleur pour les femmes, elles me l’ont inculqué. 

  • Écoutez l’entrevue de Nathalie Provost, survivante des attentats de la polytechnique au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Se souvenir

Féminicides, violence conjugale, agressions : être une femme, ça fait peur. On dit que lorsqu’on est jeune, on a moins conscience du danger. En vieillissant, je le conçois de plus en plus. 

Même si l’attentat de l’École polytechnique est survenu sept ans avant ma naissance, il m’a marquée. Je suis consciente que la lutte contre les violences faites aux femmes n’est pas terminée et qu’il faut continuer de travailler pour les éradiquer.

Ma mère m’a dit qu’à cette époque, de nombreuses femmes ne voulaient pas se dire féministes. Aujourd’hui, je constate que le vent a tourné. En grand nombre, nous sommes fières d’être féministes.

Si j’ai un enfant un jour, je lui parlerai de ce tragique événement qui, je l’espère, que ne s’effacera pas de notre mémoire collective. 

C’est en se souvenant, même du pire, que l’on crée un avenir meilleur.