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La défense laisse planer un doute

La belle-mère de la fillette de Granby n’aurait jamais eu l’intention de la tuer, selon son avocat

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Si la belle-mère de la fillette de Granby a bien posé les gestes qu’on lui reproche, jamais elle n’a eu le désir de tuer l’enfant, a insisté son avocat lundi lors de sa plaidoirie.

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« Il n’y a personne qui va venir vous dire que c’était une bonne idée, cette histoire--là, a lancé Me Alexandre Biron aux 14 membres du jury. Et le point majeur du témoignage [de madame], c’est l’intention derrière le geste. [...] Avec du recul, elle aurait agi différemment. »

La résidence où le drame entourant la fillette de Granby est survenu.
Photo courtoisie
La résidence où le drame entourant la fillette de Granby est survenu.

Le procès de la femme aujourd’hui âgée de 38 ans, qui est accusée de meurtre non prémédité et de séquestration, tire à sa fin. Les avocats font cette semaine leurs plaidoiries au jury.

La défense a été la première à dévoiler ses arguments finaux lundi, au palais de justice de Trois-Rivières.  

D’entrée de jeu, Me Biron a affirmé aux jurés qu’ils devront se poser des questions cruciales au cours de leurs délibérations, qui seront déterminantes pour en arriver à un verdict unanime. 

Au passage, il a rappelé l’importance de la présomption d’innocence, laissant planer le doute à plusieurs reprises sur la responsabilité de sa cliente dans la mort de la fillette de sept ans.

« Où le ruban adhésif a-t-il été apposé ? Quand ? Par qui ? Pourquoi a-t-il été apposé ? » a souligné l’avocat qui défend l’accusée.

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Des contradictions... 

Rappelons que les médias doivent respecter des ordonnances des tribunaux qui empêchent de rapporter des parties de certains témoignages, tout comme l’identité de certaines personnes impliquées dans l’affaire.

L’avocat de la défense a résumé un à un les témoignages qui ont été entendus depuis le début du procès, qui s’est amorcé il y a six semaines. 

Me Biron a mis de l’avant certaines contradictions ou incohérences qu’il estime avoir pu relever dans les déclarations, invitant le jury à se baser sur celles-ci pour juger de la crédibilité des différents témoins. 

... et des regrets

En rappelant les regrets de l’accusée, il a aussi affirmé qu’elle ne pouvait se douter qu’en enveloppant l’enfant de ruban adhésif, elle risquait de causer son décès.

Le rouleau de ruban adhésif qui a été utilisé pour l’enrouler.
Photo courtoisie
Le rouleau de ruban adhésif qui a été utilisé pour l’enrouler.

Selon l’avocat, il ne serait pas logique que sa cliente ait tenté de réanimer l’enfant, si de toute façon son intention était que la victime meure.

La femme avait reconnu dans son témoignage avoir enroulé la victime au moins « une dizaine de tours ». Elle avait aussi affirmé au jury ne pas avoir commencé la contention avec du ruban adhésif ni en avoir eu l’idée.  

Elle avait juré l’avoir fait dans le but de la « protéger » pour éviter que des meubles empilés en barricade lui tombent dessus, avant un rendez-vous chez une pédopsychiatre prévu à 15 h le jour du drame.

« La poursuite n’a pas été en mesure de faire la preuve hors de tout doute raisonnable que du ruban adhésif a été apposé de façon à recouvrir le nez et la bouche de la victime », a-t-il aussi affirmé, en rappelant que sa cliente avait dit à plusieurs reprises ne pas l’avoir fait.

Point de litige

C’est un point de litige important dans ce procès, alors que plusieurs témoins ont dit avoir vu du tape sur le visage de la jeune fille, ce qui aurait pu lui obstruer les voies respiratoires et entraîner son décès.

Mais deux théories s’affrontent, alors que deux expertes présentées par la Couronne et la défense ne s’entendaient pas sur la cause précise de la mort de la fillette.

Me Biron a estimé que la cause la plus probable est une « hyperthermie », qui a trop fait monter la température corporelle de l’enfant, et une « asphyxie mécanique », où la compression a fini, avec le temps, par empêcher le mouvement nécessaire pour une respiration adéquate. 

  • La plaidoirie de la défense se poursuit mardi. La Couronne prendra ensuite la parole.