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Roy est le seul candidat, selon Lafleur

Lafleur Roy
Photo d’archives, Didier Debusschère Guy Lafleur et Patrick Roy se sont serré la main en 2019.

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Guy Lafleur ne fait pas partie du triumvirat qui choisira le prochain directeur général du Canadien. Or, pour lui, Patrick Roy est le meilleur candidat pour le poste. Il estime que Roy est la seule personne en lice familière avec les exigences du marché montréalais et qu’il est l’homme qu’il faut pour remettre de l’ordre dans la cabane.

Lafleur a fait le tour de la question pendant la vingtaine de minutes qu’il m’a généreusement accordée en fin de journée, hier. 

Je l’ai interrogé particulièrement en rapport avec le tempérament émotif de Roy.

En somme, une conversation franche et sans filtre avec l’homme franc et honnête qu’est Lafleur.

« L’important est que Patrick et Jeff Gorton puissent s’entendre, a-t-il dit d’entrée de jeu.

« Ça prend un déclic. Sinon, ça ne marche pas. Mais, d’un autre côté, il faut que les choses changent dans cette organisation.

« Je ne connais pas les autres candidats dont les noms sont mentionnés dans les médias. Par contre, je ne vois pas d’autres personnes que Patrick pour composer avec la situation qui prévaut chez le Canadien. »

Gainey, un ami des Molson

La nomination de Bob Gainey dans un rôle de conseiller auprès de Geoff Molson et de Jeff Gorton se veut à première vue une nouvelle encourageante pour Roy.

Gainey sait ce que c’est de jouer et de diriger le Canadien. Il a sué sang et eau pour cette équipe pendant 16 ans, les huit dernières à titre de capitaine.

On le dit un grand ami d’Eric Molson, le père de Geoff.

Son retour à titre de conseiller est mal vu par ceux qui disent que son séjour de sept saisons dans le rôle de directeur général a été un échec.

Mais l’homme n’en demeure pas moins une figure respectable et respectée de la majorité. Il est posé et réfléchi.

En plus, il connaît Roy pour avoir joué avec lui pendant quatre saisons.

Bergevin, là trop longtemps

Lafleur ne jouait plus depuis un an lorsque Roy a gagné sa place avec le Tricolore. Il l’a moins côtoyé que Gainey, mais il pense que le Canadien n’a pas le choix de faire appel à lui.

« Qu’on lui donne la chance ! a-t-il lancé.

« Qu’on lui donne un contrat d’un an s’il le faut. Ils pourront le congédier si ça ne marche pas, est-il allé jusqu’à dire.

« De toute façon, les contrats des directeurs généraux sont trop longs. Ça devrait prendre trois ans pour bâtir et trois ans pour gagner.

« Dix ans, c’est long en crime ! » a ajouté Lafleur en faisant allusion à Marc Bergevin.

Par ailleurs, Lafleur ne comprend pas que l’on puisse déjà commencer à démanteler la formation du Canadien.

Là-dessus, ce sont les médias qui sont en cause. Mais on peut penser que Gorton a commencé sa propre évaluation des effectifs.

« Il faut mettre les priorités à la bonne place, s’est insurgé Lafleur.

« On veut un directeur général qui bâtira son équipe et qui aura carte blanche. »

Or, les choses ne sont pas claires à cet égard. 

La semaine dernière, Geoff Molson a déclaré que Gorton et le prochain DG se partageront les pouvoirs et se rapporteront à lui.

Dans sa sortie publique, Roy a lancé un message à ceux qui le disent mégalomane en se disant capable de travailler en équipe.

« Patrick est un être fort. Il a une bonne tête sur les épaules, a renchéri Lafleur.

« Ce n’est pas un cave !

« Le Canadien a besoin de se faire brasser la cage ! »

Pollock ne donnait pas sa place

Comme à l’époque où Sam Pollock était maître après Dieu au Forum. J’ai été surpris d’apprendre en lisant la biographie d’Yvon Lambert que Pollock descendait souvent dans le vestiaire pour dire sa façon de penser aux joueurs.

« Il saisissait des bouteilles de liqueur, qui étaient fabriquées alors en vitre, et il les lançait sur la colonne qui était située en plein milieu de la chambre, de raconter Lafleur.

« On était petits dans nos souliers et c’était dans le temps qu’on ne perdait que huit matchs par année.

« Le hockey, c’est un jeu dans lequel les joueurs d’aujourd’hui gagnent des millions. Ils doivent prendre leurs responsabilités. C’est à eux de faire ce qu’il faut pour gagner, et pour ça, il faut jouer en équipe.

« C’est la clé du succès. »

Et la réalité vraie.

Plus dur de parler à Price  

Le téléphone ne répondait pas lorsque j’ai appelé Guy Lafleur à 14 h, hier. C’était l’heure qu’il m’avait donnée pour que l’on se parle. Il m’a rappelé à 16 h 20. Il s’était endormi.

C’est l’un des nombreux effets contre le cancer. Les traitements font dormir, c’est connu.

Mais Lafleur était bien réveillé quand il a parlé de Patrick Roy. Il était tout feu tout flamme. Il a livré ses impressions sans détour.

Je pouvais sentir dans sa voix que le Canadien lui tient toujours autant à cœur et qu’il n’aime pas voir ce que son équipe est devenue.

Deux mondes

C’est bien pour dire.

Carey Price, qui est bien solide sur ses deux jambes malgré la lutte qu’il a menée contre des substances au cours des derniers mois, n’est pas capable d’accorder ne serait-ce que 10 minutes aux journalistes, depuis son retour à Montréal.

Lafleur livre quant à lui le plus dur combat de sa vie et trouve le moyen de donner des entrevues.

Cherchez l’erreur !

Je veux bien croire que donner des entrevues n’est pas la tasse de thé de Price. Mais les amateurs veulent quand même entendre ce qu’il a à dire.

Le Canadien est responsable de ça.

À force de surprotéger ses joueurs, le Tricolore contribue à la croyance à travers la Ligue nationale selon laquelle la situation est intenable à Montréal.

Que l’on me donne la preuve que les journalistes sont responsables des défaites du Canadien.

Ouvert

Pour revenir à Lafleur, le canal de communications est toujours ouvert.

S’il ne répond pas au texto que vous lui envoyez, ça veut dire qu’il ne se sent pas assez bien pour discuter.

Il fait la même chose pour ses anciens coéquipiers, qui l’appellent pour obtenir de ses nouvelles.

Lafleur discute ouvertement de ce qu’il vit.

Pour lui, c’est une façon de livrer des messages d’espoir aux gens qui vivent la même chose que lui.

Il pensera toujours aux autres.