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Une ex-complotiste vient en aide à la police de Longueuil

La dame a participé à la formation d’agents pour qu’ils comprennent cette réalité

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La police de Longueuil s’est associée à une ex-complotiste afin que son corps policier soit mieux outillé pour aider les gens pris dans la spirale infernale de la désinformation pouvant parfois mener à la violence.

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«Comprendre et saisir une manière de penser, c’est important afin que nos policiers puissent intervenir de façon plus adaptée, avec de meilleures interventions parce que parfois ça peut déraper rapidement», explique le chef du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL), Fady Dagher.

À la suite du témoignage d’Odile Maltais, une ex-complotiste, publié dans Le Journal, le SPAL a invité la femme de 49 ans à venir participer au programme Immersion. 

Ce dernier, commencé à l’automne 2019, est en fait un stage d’une durée de cinq semaines où les policiers rencontrent, échangent avec différentes communautés, explique Gabriela Coman, conseillère en prévention de la radicalisation, structure de vigilance et approche communautaire au SPAL.

Pour M. Dagher, il faut que ses agents sachent interagir au mieux avec les personnes adeptes des théories du complot, entre autres.

«Le portrait de cette femme-là appartient à la communauté, ce sont des gens avec qui on vit et que l’on peut côtoyer, auprès de qui on peut intervenir», soutient Fady Dagher.

  • Écoutez l’entrevue de Fady Dagher, chef du Service de police de l'agglomération de Longueuil

Odile Maltais a accepté l’invitation du chef de la police à Longueuil, Fady Dagher, à venir donner une conférence dans le cadre du programme Immersion.
Photo Clara Loiseau
Odile Maltais a accepté l’invitation du chef de la police à Longueuil, Fady Dagher, à venir donner une conférence dans le cadre du programme Immersion.

Odile Maltais n’a pas hésité une seule seconde à participer au projet.

«J’ai tout de suite dit oui, parce que si le phénomène est de mieux en mieux compris par les autorités, ça peut aider plus de gens», affirme celle qui s’est sortie du mouvement en mai 2021 et qui est épaulée par l’organisme Info-Secte. 

«Mais c’est un drôle de revirement quand même, parce que j’étais allée porter des tracts dans un poste de police pour dire à des policiers qu’ils étaient des collaborateurs nazis et maintenant je les aide», dit en riant celle qui avait aussi participé à la manifestation ratée devant la supposée maison de François Legault dans Westmount, à Montréal.

Sa descente aux enfers s'était accélérée lorsqu'elle a déménagé loin de chez elle, à Montréal. Son cercle d’amis s’était rétréci et elle s’était retrouvée entourée de gens qui baignaient dans le milieu de la spiritualité et qui croyaient à toutes sortes de théories.

C’est finalement après avoir vu des incohérences que la femme dans la quarantaine commençait à s’éloigner un peu plus des théories auxquelles elle croyait dur comme fer.

Formation

Pendant une journée, Mme Maltais a donc pu aider à la formation d’une trentaine d’agents. D’abord, elle guidait grâce à un micro et une caméra un acteur depuis une autre pièce qui devait créer des mises en scène pour voir comment les policiers réagissaient. Elle a pu par la suite leur expliquer quels comportements ou réactions seraient plus appropriés pour approcher une personne complotiste.

«Ils avaient vraiment beaucoup de questions, surtout comment intervenir auprès des gens qui croient aux conspirations, c’était quand même le fun», explique celle qui s’était coupée du monde avec l’arrivée de la pandémie et qui s’était enfermée dans ses croyances.

De son côté, Farid Bekal, psychothérapeute qui travaille avec la police de Longueuil, considère que Mme Maltais a pu mieux outiller les équipes du SPAL étant donné qu’elle a connu le milieu complotiste.

«Les policiers ont été un peu déconcertés de la voir, mais c’était vraiment intéressant de l’entendre raconter son histoire. Ils ont été touchés par sa sincérité, son ouverture, sa transparence», ajoute-t-il.

À refaire

Pour Odile Maltais, qui a commencé il y a quelques semaines à travailler dans le domaine de la santé, il ne fait aucun doute que si on lui propose de renouveler l’expérience elle acceptera.

«Je me suis fait beaucoup approcher par des proches qui me racontent ceux que vivent des membres de leur famille. Je ne suis pas une intervenante, alors je leur transmets des organismes pour les aider. Si je peux aider, je veux le faire», lance l’ex-complotiste.

Celle qui vit à Saint-Edmond-des-Plaines, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a été contactée via une page Facebook qu’elle a créée pour les anciens adeptes des théories du complot. 

«Certaines personnes se rendent compte qu’il y a de moins en moins de cohérence dans tout ce qu’ils entendent, qui se posent beaucoup de questions. Ils se rendent compte que la réalité est très différente de ce qu’on leur a dit», raconte Mme Maltais. 

Depuis la sortie de son témoignage, elle a rétabli ses liens avec son frère, sa sœur et sa meilleure amie des 30 dernières années avec qui elle n’avait presque plus de contacts.

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