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La démocratie américaine se porte mal

Drapeau États-Unis situation bloc
Photo Reuters

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Aujourd’hui et demain a lieu à Washington un sommet pour la démocratie. Le pays hôte a plus de leçons à recevoir qu’à donner sur le sujet.

Même si les États-Unis ont évité le pire l’an dernier en ne réélisant pas un président autoritaire et démagogique, les perspectives d’avenir de la démocratie américaine demeurent sombres.

Lorsqu’il s’adressera aux participants à son sommet, Joe Biden aurait intérêt à aller au-delà des clichés et à expliquer comment il entend renverser la dégringolade démocratique de son propre pays.

Dangereux recul

Dans un rapport récent, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA) désignait pour la première fois les États-Unis comme une démocratie en recul. C’est inquiétant.

La démocratie libérale dépend notamment de la tenue d’élections libres et justes, du respect des droits et de la règle de droit, ainsi que d’un engagement ferme envers la vérité et la tolérance dans le discours et les débats publics.

Sur tous ces fronts, on constate de profondes détériorations aux États-Unis, dont plusieurs résultent de la radicalisation du Parti républicain.

La pente glissante

La propension des républicains pour le tripotage des cartes électorales et la suppression du vote des groupes qui leur sont opposés ne date pas d’hier, mais leurs efforts récents pour faciliter la contestation et l’annulation de résultats électoraux défavorables constituent un assaut sans précédent contre la démocratie.

Tout cela, évidemment, découle du Grand Mensonge de Donald Trump, qui persiste à colporter – sans aucune preuve – le mythe d’une élection volée en 2020. Pire, ses militants délogent à coups de menaces de nombreux officiers électoraux pour les remplacer par des trumpistes qui n’hésiteront pas à trafiquer les résultats en 2024.

On aurait pu croire qu’après un mandat marqué par un torrent de faussetés et d’innombrables manifestations d’intolérance, les républicains auraient cherché à raviver l’engagement qu’ils ont jadis montré envers la vérité et la tolérance, mais ils persistent à valider les mensonges de Trump, à diaboliser leurs opposants et à ignorer la civilité.

Quant au respect du droit, on ne compte plus les gestes illégaux commis ouvertement et impunément par Trump ou ses acolytes, y compris ceux qui se moquent éperdument des mises en demeure de la commission sur les événements du 6 janvier.

La démocratie va mal

Pendant ce temps, les démocrates donnent l’impression de s’être présentés à un combat d’artillerie avec un lance-pierre. Il leur suffirait de s’entendre entre eux pour adopter une loi protégeant l’intégrité des élections, mais personne n’a l’air pressé d’agir.

Les événements du 6 janvier auraient dû suffire à démontrer l’urgence de défendre les institutions démocratiques, mais la commission chargée de les étudier a tardé à se mettre en branle et ses travaux semblent piétiner.

Bref, la démocratie américaine se porte mal.

Chez nous, nos dirigeants ne se gênent pas pour exprimer leur inquiétude face aux reculs de la démocratie partout ailleurs dans le monde. Il est peut-être temps de faire de même à propos de notre voisin le plus proche.

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