/entertainment/stage
Navigation

«Les filles et les garçons» : une énorme performance de Marilyn Castonguay

L'actrice brille sur scène à La Bordée

ART-FILLES-GARCONS
Photo courtoisie, Suzanne O’Neill Marylin Castonguay livre une performance magistrale dans Les filles et les garçons.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir vu Patrick Emmanuel Abellard briller dans King Dave, c’est maintenant au tour de Marylin Castonguay de livrer une énorme performance en solo sur les planches de La Bordée avec la pièce Les filles et les garçons.

L’actrice confirme le prix d’interprétation qu’elle a reçu, la semaine dernière, de l’Association des critiques de théâtre, pour les représentations qu’elle avait données à La Licorne, à Montréal, au début de l’année 2020. 

À l’affiche jusqu’au 18 décembre au Théâtre La Bordée, Les filles et les garçons est un spectacle en solo où une femme qui n’a pas de nom se raconte. Elle aborde, avec aplomb, humour et sans fard, les grands moments de sa vie. Elle le fait en s’adressant au public.

La rencontre avec son conjoint dans un aéroport en Italie, ses moments de vie avec ses enfants Danny et Léanne, sa carrière professionnelle et sa progression dans le monde du cinéma documentaire. C’est cru et très divertissant. Elle a l’assurance, sur scène, d’une femme qui livre un « one-man show » avec dynamisme et en plein contrôle.

Et lentement et subtilement, l’horreur se pointe à l’horizon. Cette femme, qui a vécu un immense drame, qui continue d’avancer. Elle a réussi, au fil des ans, à retrouver ses repères, mais la douleur n’a jamais été oubliée et elle ne disparaîtra jamais.

Dans le dernier segment de cette pièce qui dure 1 h 50, Marilyn Castonguay dévoile l’horreur qui l’a frappée. Un événement qu’elle raconte froidement devant une foule silencieuse et qui retient son souffle. Le temps s’arrête.

Ovation généreuse

L’actrice atteint, à ce moment, un autre niveau de jeu. On ne rit plus. On est ailleurs. Sur son visage, la douleur vécue est visible. La résilience aussi avec la présence d’une certaine lumière. Nous sommes complètement ailleurs et plongés dans la réalité d’une problématique forte et présente.

Seule sur scène, avec un tabouret et une bouteille d’eau, devant une structure de bois qui, au fil de la pièce, dévoile un autre univers, Marilyn Castonguay livre avec contrôle et assurance les 63 pages du texte du dramaturge Dennis Kelly, superbement traduites par Fanny Britt. C’est parfois cru, direct et vulgaire, mais c’est la langue d’aujourd’hui.

Avec une durée de 1 h 50, il aurait certainement été possible de resserrer le tout, sans que l’on perde un seul moment de cette performance immense offerte par l’actrice. 

Mardi, lors de la première, lorsque les lumières se sont éteintes à la fin de la représentation, la foule s’est levée pour adresser une généreuse ovation en trois temps à une Marilyn Castonguay qui semblait émue. Après King Dave et avec Les filles et les garçons, le public de La Bordée est particulièrement choyé en termes de performance d’acteurs.