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Québec, Canada : notre imparfaite démocratie

Retrait du crucifix
Photo d'archives

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Avec ce qui se passe aux États-Unis présentement, on comprend que Joe Biden ait senti le besoin de dire, en ouvrant son somment sur la démocratie, que son pays n’était pas toujours à la hauteur. L’avenir même de la démocratie est en cause actuellement. Pas seulement aux États-Unis.

Comme disait Winston Churchill : « La démocratie est la pire forme de gouvernement, mises à part toutes les autres formes qui ont déjà été essayées. » Elle permet - à la longue - de se débarrasser des incompétents et des corrompus ou, du moins, diraient les cyniques, elle fait en sorte que ce ne sont pas toujours les mêmes sans-dessein qui jouissent de l’assiette au beurre.

Ici au Québec des élections nationales sont prévues pour l’année prochaine et on vient d’avoir des municipales. À Montréal, Valérie Plante a été élue maire bien qu’elle n’ait obtenu que 217 986 voix sur 1 111 100 électeurs inscrits. Faites le calcul. Moins de 20 % des électeurs ont daigné aller voter pour Notre-Dame-du-Perpétuel-Sourire. 62% des électeurs se sont abstenus de participer au scrutin. Ainsi va notre démocratie.

Le fait est que la plupart des élus au Québec ne représentent pas une majorité de leurs électeurs. Cette situation se retrouve à des degrés divers pour les élus à l’Assemblée nationale et à la Chambre des communes, au fédéral. Il y a, bien sûr, l’exception des circonscriptions à dominante anglophone ou allophone du Québec, où les électeurs accordent des scores astronomiques aux libéraux pour qu’ils les protègent de la majorité francophone.

Comment faire pour rendre notre système électoral plus représentatif ? D’abord, prendre des mesures pour amener plus de citoyens paresseux ou indifférents à voter. On pourrait imaginer un système de récompense pour les citoyens consciencieux. Vous n’êtes pas allé voter, vous allez devoir payer pour avoir accès à tels services de l’État. Vous avez voté - félicitations ! - vous allez payer moins cher votre permis de ceci ou de cela.

Dans 23 pays on va encore plus loin. La loi contraint les gens à voter. L’Australie pratique le vote obligatoire de tous ses citoyens de 18 ans et plus. Lorsque le vote obligatoire y a été introduit en 1924, cela a entraîné une augmentation spectaculaire du taux de participation électorale. Les résultats sont probants : 95 % des électeurs australiens inscrits participent aux scrutins. Les électeurs fautifs doivent se justifier. S’ils n’ont pas de raisons valables (maladie, absence du pays, etc.), ils doivent payer une amende. Le refus obstiné de se soumettre à la loi électorale entraîne une condamnation à des travaux communautaires, ou à quelques jours de prison.

Soulignons, en passant, qu’en Australie, les fous et les criminels purgeant une peine d’emprisonnement n’ont pas le droit de vote. Normal non ? Une étude de la législation électorale de 63 pays démocratiques révèle que seuls 4 d'entre eux – le Canada, l'Irlande, l'Italie et la Suède – n'imposent pas de restrictions au droit de vote des personnes ayant un handicap mental.

Pour s’assurer que tous les élus ont l’appui de la majorité de leurs commettants, on devrait aussi adopter le vote uninominal à deux tours, comme c’est le cas dans une bonne partie des pays démocratiques de la planète, dont la France. Notre système actuel à un seul tour rend pratiquement impossibles des majorités dès qu’il y a plus de deux candidats dans une circonscription, c’est-à-dire dans la plupart des cas.

Ajouter un second tour favorise également les coalitions et les ententes entre partis. Ce qui n’est pas une mauvaise chose. Loto-Québec pourrait même organiser un système de paris sur les résultats au second tour dans les circonscriptions où les reports de voix ne sont pas évidents, une autre façon d’intéresser les moins dégourdis aux élections. Je plaisante. À peine !

Et la représentation proportionnelle, le scrutin de liste ? Ne serait-ce pas une façon de rendre nos élections plus démocratiques ? Je ne le pense pas. Les élus doivent répondre à des électeurs dans des circonscriptions précises. Pas être imposés par des comités électoraux de partis. On se retrouverait avec six, sept, dix partis à l’Assemblée nationale. C’est la recette pour paralyser l’action gouvernementale en multipliant les crises politiques.

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