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Ce n’est pas que la viande qui coûte cher aux restaurateurs

Les établissements végétariens et végétaliens goûtent tout autant à l’inflation

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Le copropriétaire de La Boîte végane, Armik Dumont, n’en revient pas des hausses de prix des aliments, comme celle du prix des noix de cajou, dont le coût a bondi de 15 %.

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Même si le coût des légumes est resté stable cette année, les propriétaires de restos végétaliens et végétariens s’inquiètent de voir le prix d’autres aliments essentiels à leur cuisine atteindre des sommets.

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Il suffit qu’Armik Dumont, copropriétaire de La Boîte végane, sur la Rive-Sud, jette un coup d’œil sur une feuille Excel pour constater les effets de l’inflation.

C’est là qu’il consigne le prix par gramme des 244 ingrédients entrant dans la composition de ses recettes depuis l’ouverture de son entreprise. 

« Tout est plus cher », affirme-t-il sans équivoque. 

Il prend l’exemple des noix de cajou, ingrédient fondamental du « fauxmage », un substitut du fromage sans produits laitiers utilisé dans sa poutine végane. Le prix de ces noix a augmenté d’environ 15 % en l’espace d’un an. Le tofu, lui ? De 6 %. 

« Quand je regarde le reste, je me dis que c’est pas si pire », dit le jeune entrepreneur résigné. 

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Adieu aux framboises

Au Resto Végo, sur Saint-Denis, on a carrément abandonné l’idée de cuisiner des recettes avec des framboises congelées. 

« C’était rendu 100 $ la caisse de 5 kilos, alors que ça en coûtait 40 $ avant la pandémie ! » s’exclame la propriétaire de l’endroit, Guylaine Duchesne, incrédule.

Les restaurateurs doivent cependant se serrer la ceinture pour se procurer d’autres ingrédients difficilement remplaçables, comme l’huile de cuisson. 

Le lait de coco et le vinaigre balsamique sont aussi au nombre des produits presque devenus un luxe dans les cuisines.

« Resto végane ou pas, c’est certain qu’il y aura des augmentations », prédit Eric Bieunais, copropriétaire du Lola Rosa, à Montréal. 

Les prix de son menu sont les mêmes qu’à la réouverture de mai dernier, mais il admet que toutes les options sont sur la table. 

« Pour le moment, on attend et on espère que ça se calme. On est connus pour nos assiettes généreuses, alors on pourrait peut-être réduire les portions de 10 % plutôt que d’augmenter le prix », réfléchit-il à voix haute, soucieux que son établissement demeure abordable.

Une facture plus salée

En règle générale, le dernier rapport sur les prix alimentaires du Laboratoire en sciences analytiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie évalue que le souper au resto du vendredi soir risque de coûter de 6 à 8 % plus cher l’an prochain. 

« Entre l’inflation, la pénurie de main-d’œuvre et leur mince marge de profit, les restaurateurs n’ont pas le choix [d’augmenter leurs prix] », affirme Martin Vézina, de l’Association Restauration Québec.   

  • Maigre consolation pour les restaurateurs végétariens et végétaliens, c’est le prix de la viande qui a connu, en moyenne, la pire hausse de prix l’an dernier : 9,5 %.    

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