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Le troisième plus vieux presbytère de la province sera protégé

Les citoyens de Saint-Michel-de-Bellechasse étaient inquiets du sort du bâtiment

Le troisième plus vieux presbytère de la province sera protégé
Photo Stevens LeBlanc

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L’un des plus vieux presbytères du Québec, situé à Saint-Michel-de-Bellechasse, sera préservé. Avec soulagement, les citoyens ont appris lundi la signature d’un avis d’intention de classement par la ministre de la Culture.

• À lire aussi: Une pétition pour la sauvegarde du presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse

La ministre Nathalie Roy a confirmé par communiqué que le presbytère de Saint-Michel et son ensemble paroissial, constitué d’une église, d’une grange à dîme et d’un cimetière, seraient classés en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, et ce, afin de « préserver leur valeur patrimoniale d’exception ».

Des groupes citoyens et de défense du patrimoine s’étaient alarmés des démarches de la Municipalité, pendant le mandat de l’ancien maire Éric Tessier, visant à renégocier une entente qui garantissait la préservation de ce bâtiment de 1739 et à reloger les derniers locataires du presbytère, dont la Fabrique.

Même s’il se défendait de vouloir altérer d’une quelconque manière l’immeuble, M. Tessier avait fait l’objet de critiques pour des propos jugés insensibles à l’égard du patrimoine. À la dernière élection, une forte majorité de 92 % des électeurs a voté pour son adversaire et l’a évincé de la mairie.

Construit au 18e siècle, le presbytère de Saint-Michel est le troisième plus ancien immeuble de ce type au Québec.
Photo d’archives
Construit au 18e siècle, le presbytère de Saint-Michel est le troisième plus ancien immeuble de ce type au Québec.

Craintes dissipées

Son successeur, Stéphane Garneau, ne croit pas que le presbytère a été un enjeu déterminant dans l’élection, mais il reconnaît que la population est attachée à ce lieu historique et qu’il y a un « soulagement » palpable.

Le nouveau maire s’engage à préserver ce « joyau », à éviter qu’il soit « défiguré » par des constructions modernes et à consulter les citoyens pour déterminer sa vocation future. En outre, il « espère » que la reconnaissance ministérielle viendra avec un appui financier.

« Pour une petite municipalité comme Saint-Michel, ça représente vraiment beaucoup d’avoir de l’aide, d’avoir cette intention de reconnaître au niveau national notre cœur institutionnel ainsi que le presbytère [...] étant donné la capacité de payer limitée des gens ici », dit-il.

Le GIRAM, un organisme bénévole qui avait écrit à la ministre il y a un an pour lui demander d’agir, a aussi salué l’annonce.

« [Il] pesait sur le site une certaine menace. En particulier, on craignait que le presbytère soit vendu, qu’il y ait des terrains de vendus autour de ce site institutionnel. Donc, là, ça vient protéger pour l’avenir l’ensemble du site patrimonial », a affirmé le vice-président, Gaston Cadrin, selon qui « des sites patrimoniaux comme Saint-Michel, ça ne pleut pas au Québec ».

La Ville est propriétaire du presbytère, alors que l’église demeure dans le giron de la paroisse de Saint-Benoit-de-Bellechasse.

« Un conseil municipal qui serait antipatrimoine, “Ça coûte trop cher” et tout ça, un petit peu comme celui qu’on avait, qui a été battu à plate couture, à ce moment-là, il y aurait le ministère qui dirait “Oui ou non vous pouvez faire ça” », a expliqué M. Cadrin.

Valeur sous quatre aspects

Agrandi en 1790 et rénové dans les années 1850, le presbytère conserve un degré d’authenticité que l’on voit rarement, selon le ministère de la Culture, qui reconnaît à l’ensemble une valeur « historique, architecturale, paysagère et urbanistique ».

Notons que la ministre a également signé un avis d’intention de classement pour l’orgue de l’église de Saint-Michel, qui a été fabriqué en 1897 par le facteur Napoléon Déry, et pour le bâton de bedeau, qui a été conçu par l’orfèvre Laurent Amiot vers 1820.

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