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5% d’inflation au Québec et une facture d’épicerie qui y goûte encore

5% d’inflation au Québec et une facture d’épicerie qui y goûte encore

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La pression inflationniste demeure forte au Québec alors que la hausse de l’Indice des prix à la consommation (IPC) surpasse encore la barre des 5 %. C’est invariablement la facture d’épicerie qui gonfle, la moyenne des aliments ayant grimpé de 4,4 % en douze mois à l’échelle du pays.

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L’impression des Québécois de payer plus cher pour leurs biens de consommation est bien réelle et la pression continue de s’accentuer. 

L’inflation galopante atteint 5,2 % dans la province en novembre, alors qu’elle est à 4,7 % pour l’ensemble du Canada.

La hausse moyenne de 4,4 % des aliments est la plus importante depuis janvier 2015 au Canada. À lui seul, le prix du bœuf a augmenté de 15,4 %. 

« Et le pire est à venir », prévient d’emblée Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de recherche en sciences analytiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie. 

« Les chiffres d’aujourd’hui confirment ce qui s’en vient. La meilleure image, c’est de dire qu’on est juste à la fin de la première période du match de hockey en termes d’inflation alimentaire », estime l’expert.

Son Rapport sur les prix alimentaires canadiens prévoit des dépenses d’épicerie supplémentaires jusqu’à 966 $ pour une famille moyenne en 2022.

Près de 50 % de plus pour l’essence

Les automobilistes sont aussi happés de plein fouet par la sévère inflation qui affecte le coût de l’essence.

Le prix à la pompe, qui était à la baisse en raison d’une plus faible demande à la fin de 2020, a explosé depuis, grimpant de 43,6 % depuis novembre 2020, selon les données publiées hier par Statistique Canada. 

D’après la CAA, le prix moyen de l’essence hier était de 146,8 $/L à Montréal et de 149,7 $/L à Québec, bien loin du prix frôlant le dollar par litre que l’on voyait il y a un an.

Cet écart a d’ailleurs un impact direct sur la hausse de l’inflation totale. De 4,7 % avec l’essence, l’augmentation de l’IPC chute à 3,6 % lorsque l’on retire le carburant de l’équation.

« L’essence est actuellement une composante qui tire le calcul vers le haut, c’est certain », observe l’économiste principal de Desjardins, Benoit Durocher, prévoyant que le tout va se stabiliser.

Encore pour plusieurs mois

Entre novembre 2020 et novembre 2021, c’est donc une hausse totale de 4,7 % de l’IPC qui a été enregistrée, la même qu’en octobre. 

« C’est encore très élevé », souligne Benoit Durocher, rappelant que la situation est encore plus sérieuse au Québec, où le taux d’inflation annuel de l’IPC atteint 5,2 %, largement au-dessus de la cible de 1 % à 3 % de la Banque du Canada.

« Avant de revenir dans la fourchette cible, ça va prendre encore plusieurs mois pour y arriver », observe l’économiste, citant la fin de 2022 comme possibilité.       

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