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Le nucléaire iranien: négos de la dernière chance

Le président iranien, Ebrahim Raïssi
Photo AFP Le président iranien, Ebrahim Raïssi

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Des pourparlers critiques avec l’Iran pour empêcher l’échec de l’accord sur le nucléaire iranien ont repris après une pause de cinq mois. Des diplomates d’Iran, de Chine, de France, d’Allemagne, de Russie et du Royaume-Uni se sont rencontrés lundi dans un hôtel à Vienne avec la participation indirecte de représentants américains.

À l’ordre du jour, le retour des États-Unis à l’accord de 2015, qui limitait les activités nucléaires de l’Iran en échange de la levée des sanctions américaines contre le pays. 

L’Iran respectait les termes de l’accord, mais Trump en 2018 a stupidement décidé de s’en retirer unilatéralement et de rétablir les sanctions américaines. En représailles, l’Iran a renoncé aux engagements clés auxquels il avait souscrit.

Le temps presse en raison des avancées significatives que l’Iran a réalisées dans son programme d’enrichissement d’uranium, une voie vers une bombe nucléaire. Cette semaine pourrait déterminer si l’accord peut être renfloué. Sinon on pourrait se diriger vers une nouvelle crise majeure au Moyen-Orient, voire vers une guerre.

Que veulent les Iraniens ?

Biden est prêt à lever les sanctions si l’Iran stoppe d’abord la relance de son programme nucléaire. L’Iran veut que les États-Unis fassent le premier pas. L’Iran insiste sur le fait que ses recherches nucléaires sont entièrement pacifiques affirmant que les pourparlers devraient porter sur la levée immédiate de toutes les sanctions américaines.

L’homme qui a succédé à Hassan Rouhani, un modéré qui a négocié l’accord de 2015, le nouveau président iranien Ebrahim Raïsi est un partisan de la ligne dure et un critique virulent de l’Occident. Il a promis qu’il ne laisserait pas les pourparlers s’éterniser. En plus de la levée des sanctions américaines, les Iraniens exigent une impossible « garantie » qu’aucun futur président américain (Trump 2024 ?) n’abandonnera de nouveau unilatéralement l’accord.

L’envoyé spécial de Biden à Vienne a prévenu que les États-Unis seraient contraints de « répondre d’une manière qui n’est pas notre préférence » si l’Iran poursuivait son programme nucléaire.

Le nouveau gouvernement de Téhéran est-il prêt à accepter les compromis nécessaires pour parvenir à un accord ou tente-t-il simplement de gagner du temps pour enrichir davantage d’uranium et améliorer sa technologie en matière d’armes nucléaires ? Raïsi est-il prêt à aller jusqu’à la guerre ?

Les « autres options » de Washington en cas d’échec

Biden, qui est soumis à d’intenses pressions israéliennes, n’acceptera jamais que l’Iran poursuive la relance de son programme nucléaire. Quand les Américains parlent d’« autres options », « d’autres outils », ils laissent entendre qu’ils pourraient donner le feu vert à Israël pour détruire les installations nucléaires iraniennes.

Le premier ministre israélien, Naftali Bennett, a déclaré que son pays « préserverait sa liberté d’action » vis-à-vis de l’Iran, quoi qu’il ressorte des pourparlers de Vienne. D’ailleurs, Israël mène régulièrement des frappes clandestines et des cyberattaques contre les centres de recherche nucléaire iraniens.

Alors que les choses se corsent et que l’accord paraît de plus en plus moribond, l’Iran espère compter sur le soutien de Moscou et de Pékin. Les trois pays rêvent d’un monde plus multipolaire où la puissance mondiale des États-Unis serait limitée.

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