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Laïcité de l’État: un front commun Québec-France?

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo Agence QMI, Joël Lemay Le premier ministre du Québec, François Legault

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Comme au Québec, de nombreux pays ont des lois qui interdisent aux enseignants et aux représentants de l’État le port de signes religieux ostentatoires. Entre autres la France, la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, l’Allemagne et l’Autriche. Certains de ces pays ont des lois plus strictes que les nôtres.

L’ambassadeur du Canada à l’ONU, Bob Rae, qui n’a jamais dénoncé ces pays, affirme que notre loi 21 «va à l’encontre de la Déclaration universelle des droits de l’homme». Pourtant, Rae et Trudeau n’ont jamais fait de reproches à ce sujet à la France et aux autres pays démocratiques européens proches du Canada.

Trudeau doit donc demander à Bob Rae d’entreprendre une campagne pour obliger ces pays racistes et intolérants à respecter les droits de la personne en renonçant à leurs lois infâmes.

Le Bloc Québécois accuse Rae, avec raison, d’avoir «sali» l’image du Québec à l’international. L’odieuse prise de position de notre ambassadeur à l’ONU est scandaleusement inacceptable. Mais elle est applaudie au Canada anglais.

Legault devrait faire un appel du pied à la France pour qu’elle soutienne sa position sur la question de la laïcité de l’État. Il devrait demander à Emmanuel Macron, avec qui il a d’excellentes relations, d’appuyer publiquement sa loi sur la laïcité. Surtout qu’une telle déclaration en faveur de la loi 21 serait acclamée par une bonne partie de l’électorat français dans une campagne présidentielle dominée par les questions identitaires.

La frilosité de Legault à ce sujet est d’autant plus surprenante que dans une lettre ouverte, son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’est allié à son homologue français, Jean-Michel Blanquer, dans une déclaration anti-woke. L’essentiel de leur message: miser sur l’école comme «rempart primordial contre l’ignorance et l’obscurantisme». C’est au cœur du concept de la laïcité de l’État, cher aux deux gouvernements.

Le Québec se dirige vers une confrontation décisive avec le «Reste du Canada» au sujet des signes religieux ostentatoires. Au tout début de la pandémie, en avril 2019, j’ai écrit un billet où je me demandais si Legault osera serrer la vis aux Anglais sur les signes religieux. Je pense que non. Il a reculé sur les cégeps anglophones, comme il va le faire sur la loi 21.

Je crains que le gouvernement Legault plie dans une humiliante pirouette. La recrudescence de la pandémie sera un bon prétexte pour ne rien faire: c’est pas le moment voyons!

Le Canada anglais, convaincu que le mouvement indépendantiste est à l’article de la mort, va faire un bras d’honneur aux Québécois, à Legault et à la CAQ. Toutes les municipalités anglophones ou prétendues telles du Québec vont défier la loi. Le maire d’Hampstead, William Steinberg, a déjà qualifié de «nettoyage ethnique» ce qu’il a appelé la «loi Legault». Ce n’est sans doute pas un hasard si la crise actuelle a son origine dans une municipalité anglophone de l’Outaouais au sujet d’une enseignante portant le hijab.

Legault compte sur sa domination dans les sondages pour faire oublier rapidement cet affront. Peut-être aussi pense-t-il que les Québécois comme lui ont peur de soulever l’ire du reste du Canada et vont secrètement applaudir son inaction.

Si jamais Legault se tenait ferme sur la loi 21, on assisterait sans doute à la renaissance du mouvement partitionniste. Les Anglais du Québec, en particulier dans le West-Island où ils sont agglomérés, vont vouloir vivre en ghetto dans leurs propres municipalités transformées en enclaves «canadian». Rappelez-vous le référendum de 1995. Et c’est ce que proposait Balarama Holness, le candidat woke à la mairie de Montréal. Welcome to Anglo-Montreal, the 11th canadian province.

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