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Le carnaval des ombres: les années 50 par le maître du roman noir

Roger Jon Ellory
Photo courtoisie, Richard Ecclestone Roger Jon Ellory

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Dans toute son œuvre, l’écrivain britannique Roger Jon Ellory met en scène des pans très sombres de l’Amérique rurale, très loin de l’Angleterre où il est né. Le carnaval des ombres, roman extrêmement noir et cynique, n’y échappe pas. L’auteur à succès y présente un cirque ambulant de la fin des années 1950, avec son lot d’attractions et de bizarreries. Un cirque qui cache quelque chose de macabre. 

Roger Jon Ellory nous ramène au Kansas à la fin des années 1950. À Seneca Falls, plus précisément, où un cirque ambulant vient de planter son chapiteau. La troupe déploie un grand spectacle fait d’enchantements et d’illusions, comme il se doit. Petits et grands sont émerveillés, comme on peut s’y attendre.

Mais l’atmosphère de magie et de fête tourne au tragique lorsqu’on découvre le corps d’un inconnu sous le carrousel. Un homme qui porte de nombreux et très étranges tatouages.

Michael Travis, l’agent spécial, est dépêché sur les lieux. Il se heurte à une énigme et à l’absence de collaboration de la part des membres de la troupe de cirque, dirigée par un homme mystérieux, Edgar Doyle. Il ne faut pas attendre longtemps avant que l’affaire prenne un tournant inattendu.

Roger Jon Ellory n’a pas chômé pendant la pandémie : même si plusieurs tournées promotionnelles et plusieurs concerts avec son groupe de blues ont été annulés, il a écrit deux romans, deux films et deux séries télé, de même que du nouveau matériel pour le prochain album de son groupe. « J’ai utilisé mon temps intelligemment ! » assure-t-il.

En pleine Guerre froide

L’écrivain à succès s’est plu à dépeindre l’Amérique de 1958 dans cette histoire décapante, où le burlesque marche main dans la main avec l’horreur et un climat politique difficile. 

« Je pense que ce roman se range dans la même catégorie de livres que Vendetta, qui parlait de la mafia, Les Anonymes, qui parlait de la CIA et Les Anges de New York, qui parlait du New York Police Department. »

« J’ai pensé que je devais vraiment examiner le sujet du FBI. Je ne voulais pas écrire un livre sur le FBI, mais j’ai pensé que le personnage principal pouvait bien être un officier fédéral. »

Comme il souhaitait camper l’action dans un décor inusité, très différent de ce qu’on voit habituellement, il a choisi les années 1950, à l’époque de la Guerre froide et du maccarthysme. 

« C’était une période d’intense paranoïa, aux États-Unis, au sujet du communisme. » L’action se déroule hors des grands centres, dans une petite ville du Kansas. Il ajoute avoir également une grande fascination pour la psychologie humaine. 

« Je m’intéresse beaucoup à la philosophie et aux sujets spirituels. J’ai fait des recherches sur les expériences bizarres qui ont été effectuées par le FBI, en collaboration avec la CIA, dans les années 1950. Ils tentaient de créer un genre de réseau d’espions qui seraient en mesure d’utiliser leurs habiletés psychologiques ou des habiletés paranormales. »

« C’est tout un domaine de recherches qui a vraiment eu lieu, avec des drogues et toutes sortes d’expériences. Tous les livres que j’ai écrits sont basés sur ma fascination personnelle pour des incidents étranges. Le personnage principal – un individu à la personnalité rigide – s’était construit lui-même sur des certitudes... mais elles sont toutes devenues instables. »

Le nord-est du Québec

Par ailleurs, l’action d’un des deux livres qu’il a écrits pendant le confinement, confie-t-il, se déroule à Montréal et dans le nord-est du Québec. 

« J’ai choisi la région de Schefferville, près de la frontière provinciale avec le Labrador. J’ai campé mon roman dans une des villes établies par la compagnie minière Iron Ore of Canada dans les années 1950. C’est une cité fictive que j’ai située près de Fermont et Schefferville. » 


♦ R.J. Ellory est né en 1965 à Birmingham, au Royaume-Uni.

♦ Orphelin très jeune, il a été élevé par sa grand-mère, qui meurt alors qu’il était adolescent.

♦ Le Carnaval des ombres est son treizième roman publié en France par Sonatine Éditions. Il a publié plusieurs best-sellers, dont Papillon de nuit et Seul le silence.

♦ Il est également musicien et photographe de talent.

EXTRAIT  

Roger Jon Ellory
Photo courtoisie

« Malgré son état d’esprit actuel, il savait le chemin qu’il avait parcouru. Il avait trente et un ans, possédait un appartement à Olathe, juste à la périphérie de Kansas City, avait derrière lui huit années de service loyal et exemplaire au sein du FBI, et il était sur le point de se voir confier sa première mission en tant que responsable. Même s’il savait qu’une telle chose était inévitable, elle représentait néanmoins un défi de taille.

– C’est, littéralement, la foire en ville, poursuivit Tom Bishop. Elle s’appelle Seneca Falls, à ne pas confondre avec Seneca sur la route 63 près de la frontière de l’État. C’est une petite ville en bordure des collines Flint, située entre El Dorado et Eureka, juste à l’est de la I-35. Vous en avez entendu parler ?

– Non, monsieur, jamais.

– Oh, au fait, vous pouvez laisser tomber le “monsieur” maintenant, puisqu’ils ont jugé opportun de vous attribuer le rang d’agent spécial senior pour cette mission. »