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Les tentations de Legault

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Les Québécois savent que la situation pandémique planétaire évolue, parfois pour le pire, mais ils auront probablement un peu en travers de la gorge qu’on leur ait fait miroiter, pour une deuxième fois consécutive, un temps des Fêtes plus festif que le tableau gris brossé jeudi soir.

François Legault avait la mine déconfite sur le coup de 18 h, en s’adressant aux Québécois. Tout un contraste avec son optimisme du 29 novembre. 

Il y a à peine plus de deux semaines, le premier ministre avait émis le souhait d’obtenir le OK de la Santé publique pour des rassemblements de 20 à 25 personnes.

Ensuite, le mardi 7 décembre, le Dr Horacio Arruda a annoncé qu’il donnait le feu vert à ces « partys à 20 ».

Les trois partis d’opposition réclamaient au même moment une enquête publique en raison de nouvelles révélations sur la gestion de la première vague de pandémie, dans les CHSLD.

Y a-t-il eu précipitation ? Le premier ministre se montrait-il insistant avec le directeur national de santé publique ? C’est la perception de plusieurs.

Lors de l’annonce, le ministre de la Santé, Christian Dubé, déclarait : « Malgré les incertitudes, je pense qu’il est important de récompenser les Québécois. »

Le Dr Arruda disait avoir consulté les projections de l’Institut national de santé publique (INSPQ) et de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESS).

« Aujourd’hui, je me sens rassuré », disait-il.

Revirement

En fait, même en après-midi mercredi, un proche du premier ministre me disait qu’il était très peu probable qu’il y ait un recul sur les rassemblements.

Lundi en soirée, la cellule de crise s’est fait remettre des prévisions de hausses de cas de Covid.

Mais c’est mercredi à 16 h que l’INESS et l’INSPQ ont finalement présenté les scénarios catastrophes d’hospitalisations et que tout a basculé.

Est-ce que la cellule de crise pointe du doigt ses scientifiques pour ne pas avoir levé le drapeau rouge plus vite ? Pas vraiment. On m’expli-que que, malgré le criblage des nouveaux cas la semaine dernière, l’Omicron n’avait pas été détecté.

Pourtant la progression ne faisait pas de doute ailleurs dans le monde. Une source gouvernementale maintient qu’il faut « avoir en mains une certaine preuve » avant de prendre des décisions de resserrement qui ont un impact sur la vie des gens.

Le style Legault

Quant au souhait de rassemblements de 20 à 25, le clan de François Legault soutient qu’il n’a pas lancé ce chiffre en l’air. 

Que c’est la Santé publique qui lui avait parlé de ce scénario. Bizarre qu’il ne l’ait pas dit. Il aurait pu le faire lorsqu’il a été questionné le lendemain. 

« Si on ne peut pas dire ce qu’on pense, là, on a un problème », s’était-il défendu, alors que les journalistes lui demandaient justement s’il n’avait pas exercé une pression indue sur le Dr Arruda.

Les Québécois aiment son côté authentique, pas très langue de bois.

Mais lorsqu’on est premier ministre, il est à tout le moins hasardeux de dire quelque chose qu’on ne pourra livrer, sur un sujet si sensible.

On peut penser que la tentation était grande pour le capitaine de voguer vers quelque chose de positif, alors qu’il ventait fort en mer.

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