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Revoir un pan de l’histoire du Québec

Michel Langlois
Photo courtoisie, Julie Artacho

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Écrivain prolifique et talentueux, Michel Langlois termine sa grande saga, La vie avant tout, avec une rétrospective des grands événements qui ont marqué le Québec, entre la fin des années 1940 et le début des années 1980. Dans le quatrième tome, Par monts et par vaux, il les raconte par le truchement d’un journaliste d’expérience qui fera aussi la découverte d’un secret durant un séjour au cœur de la forêt beauceronne. 

Dans le quatrième tome de cette formidable saga, les lecteurs retrouveront Maxime Marion à 60 ans, en 1984. Le brillant journaliste est au sommet de son art et, à la demande de son patron, plonge dans les souvenirs des 35 dernières années pour organiser une rétrospective de sa carrière.

Mais le destin n’en a pas terminé avec lui. Il retrouve des amis de longue date durant un séjour dans un chalet beauceron. Ses amis partagent un secret bien particulier et Maxime, en découvrant cette histoire, décide d’en faire un livre.

Michel Langlois s’est laissé happer par l’écriture au cours des derniers mois, confiné qu’il était dans la résidence pour personnes âgées de
Drummondville, où il habite. Il a revu l’histoire du Québec depuis 1949, au travers de son personnage, Maxime Marion. « Ça commence par Sault-au-Cochon, et on voit les différentes choses importantes qui se sont déroulées jusqu’en 1984, l’année des Grands Voiliers à Québec », explique l’auteur. Le journaliste est victime d’un accident et se retrouve en Beauce, où surviennent des rencontres importantes.

Pour remonter le fil des événements, Michel Langlois s’est énormément servi des journaux de l’époque. « Ce qui m’a marqué le plus, c’est l’ouverture au monde, à partir des années 1960, avec l’Expo 67 », commente-t-il.

« Ça allait éclater, à un moment donné : le Québec était une société assez renfermée qui a pu tranquillement se débarrasser de l’influence du clergé. Ensuite, la télévision est arrivée, qui a ouvert sur tout le monde. Les Québécois ont vu qu’il y avait autre chose qui existait que le Québec ! »

L’esprit beauceron

Michel Langlois a cadré une partie du roman en Beauce, une région du Québec qu’il connaît bien. « J’ai vécu à Saint-Georges-de-Beauce, mais je suis parti de là quand j’avais 10 ans. [...] Je suis retourné assez fréquemment en Beauce. Et je trouve que c’est un petit peu comme Charlevoix – une région en dehors des grands centres. Les gens se connaissent beaucoup et vivent d’une certaine manière qui est différente un peu, d’ailleurs. »

L’histoire qu’il raconte a été imaginée, en se basant sur des faits historiques comme la guerre et la conscription. « J’ai voulu montrer un peu l’esprit des gens de la Beauce – des gens indépendants qui sont aussi des bons vivants. »

Michel Langlois note que l’influence beauceronne qu’il a ressentie le plus, dans sa vie, réside dans le langage. « On était près des lignes américaines et les anglicismes dans notre langage, j’ai connu ça réellement. Nous, on considérait ces expressions quasiment comme du français, mais c’était de l’anglais mal tourné, comme on dit. »

De nombreux Beaucerons allaient travailler du côté américain, ajoute-t-il. « Ils ramenaient un langage à moitié anglais, à moitié français. C’est plus tard que je me suis rendu compte que j’employais des mots qui, en réalité, n’étaient pas français. »

Michel Langlois
Photo courtoisie