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Le goût de l’amour même en affaires

KandJu
Photo Chantal Poirier François Saint-Laurent et Marie-Ève Gladu, copropriétaires de KandJu, une boutique de bonbons en vrac.

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Il y a toutes sortes de raisons pour démarrer une entreprise. On peut vouloir être son propre patron, proposer une solution, offrir ses talents, bâtir un patrimoine... Mais être en affaires pour passer tout son temps avec l’amour de sa vie ? Jamais je n’avais entendu une telle raison d’être avant de rencontrer François Saint-Laurent, cofondateur de la confiserie Kandju. Et depuis qu’il a pris conscience de la pureté de son désir en affaires, François éprouve encore plus de plaisir dans sa mission entrepreneuriale.

À 18 ans, il a lu un livre qui l’a marqué : La puissance du subconscient de Joseph Murphy. Main sur le cœur, quand il s’endormait, il demandait à la vie de lui envoyer une belle femme dont il prendrait soin. Puis un jour, son frère, qui travaillait dans une érablière de Saint-Grégoire, l’a appelé en renfort pour assurer la surveillance un samedi soir.

« Là, j’ai vu une femme en talons hauts marcher dans la salle de danse et ça a tordu en dedans... »

François s’est senti profondément lié à elle, d’une manière inexplicable, mais il a été trop timide pour lui adresser la parole. On lui a dit de ne pas s’approcher, qu’il y avait un système d’alarme accroché à son cou. Elle était la fille du propriétaire de l’érablière.

François a quand même invité la belle à souper. Après un premier refus, elle a finalement accepté. Et quand François l’a ramenée chez elle, il lui a déclaré son amour avec les chansons de Francis Cabrel en trame sonore. Marie-Ève a accueilli la déclaration en silence avant de signifier son désintérêt. Triste, François s’est ramené à ses pensées, à la vie qu’il imaginait avec elle. Et il a osé à nouveau l’inviter. Depuis, les âmes sœurs ne se sont plus jamais quittées.

Cap sur la croissance

Un jour, François a dit à Marie-Ève qu’il voulait passer sa vie avec elle. Travailler et dormir ensemble. Ne pas faire comme la plupart d’entre nous : passer plus d’heures avec nos collègues qu’avec nos conjoints. Les amoureux ont imaginé qu’ils pourraient fabriquer des produits. Ils ont lâché leurs jobs d’électricien et de designer il y a 16 ans. Ils se sont mis à créer des cornets de bonbons et François a modifié des coffres à pêche pour en faire des présentoirs ! Il a fait une première vente de 500 $ dans un verger à Saint-Paul-d’Abbotsford et ce fut le début de la confiserie.

Aujourd’hui, l’entreprise s’appelle Kandju – bonbon en maltais – elle compte neuf boutiques au Québec et fabrique à partir de sa propre usine à Saint-Césaire, qui sera agrandie au coût de 4,5 millions de dollars dans les prochains mois. Le chiffre d’affaires atteint les 15 millions de dollars et le couple a l’ambition d’étendre les ventes partout dans le monde. L’amour, comme les affaires, ça peut grandir !

Marie-Ève a une santé plus fragile et travaille aujourd’hui de la maison, en création, tandis que François pilote la croissance.

« La business est devenue un véhicule pour prendre soin d’elle », songe François en constatant que les journées vécues loin de sa douce contreviennent à l’objectif initial.

Être animé du désir de partager son bonheur va bien au-delà de la magie des bonbons et cela change la manière de vendre son produit. Des leaders le cœur enraciné dans l’amour, je me dis que ça peut aller loin, mais surtout, faire beaucoup de bien.


Profil de François Saint-Laurent et Marie-Ève Gladu 

  • Poste : Propriétaires fondateurs de Kandju 
  • Âge : 44 et 42 ans 
  • Scolarité : électricité et design d’intérieur  

Kandju 

  • Fondateurs : François Saint-Laurent et Marie-Ève Gladu 
  • Lieu du siège social : Saint-Césaire 
  • Secteur d’activité : Confiserie 
  • Nombre d’employés : 120  

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