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Pornographie juvénile: lourde peine réclamée pour un influenceur

Dylan Demers
Photo tirée de Facebook Dylan Demers

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L’une des victimes d’un influenceur web, qui a été filmée lors d'une soirée arrosée dans des positions sexuellement explicites, a témoigné des lourdes conséquences qu’elle a vécues à la suite de la publication de la vidéo.

Audrey (prénom fictif) était toute jeune lorsqu’elle s’est retrouvée dans une fête où se trouvait Dylan Demers, reconnu coupable de production et de distribution de pornographie juvénile par la juge Sandra Rioux.  

Ce jeune homme qui se qualifiait lui-même de «Justin Bieber de Québec» était alors connu de quelque 250 000 abonnés qui suivaient ses publications sur Facebook, Instagram, Twitch, Snapchat et YouTube.  

Selon la preuve présentée au procès et retenue par la présidente du Tribunal, il a été démontré qu’une fois les vidéos réalisées, Demers a publié le contenu sur Snapchat, et ce, pendant une période de 24 heures.  

Intimidation et menace de mort

«Après la diffusion, j’ai perdu des amis, j’ai dû changer d’école, j’ai été intimidée et menacée de mort et plusieurs personnes ne voulaient plus me parler», a témoigné la jeune fille, invitée à se faire entendre sur les conséquences que le crime avait eues dans sa vie.  

Aujourd’hui, le tourbillon s’est «un peu estompé», mais, chaque fois que l’histoire ressort, ses amis «repensent à elle» et à cette partie de sa vie «qui n’est pas représentative».   

«C’est impressionnant quand des hommes de 20 ans et plus veulent faire le party avec toi... Aujourd’hui, par contre, je regrette de m’être laissée faire», a-t-elle dit en terminant.  

6 ans versus un an

En poursuite, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Jennifer Landry, a demandé au Tribunal d’imposer la peine minimale d’une année à l’influenceur, et ce, pour chaque chef d’accusation pour lequel il est trouvé coupable. Comme il y en a six, cela représenterait donc une peine globale de 6 ans.  

A contrario, l’avocat de la défense, Me Richard-Philippe Guay, a fait savoir qu’une telle peine serait «cruelle et inusitée».  

Il a également rappelé que l’influenceur Carlos Desjardins, qui faisait face aux mêmes accusations que son client et même à plus parce qu'il avait plaidé coupable à des accusations d’agressions sexuelles, de leurres et d’extorsions, avait été condamné à une peine de 4 ans et demi de prison. 

Il a donc demandé à la présidente du Tribunal d’imposer une peine d’emprisonnement d’une année de détention à l’encontre de Demers en l’invitant à ne pas oublier que son client, en tant qu’influenceur, «vendait du rêve» et qu’il était «persuadé que ses trois victimes, âgées entre 13 et 17 ans, étaient majeures».  

La juge Rioux a pris la cause en délibéré et elle fera connaître sa sentence en mars.