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Il faut continuer d’être braves

Il faut continuer d’être braves
Capture d'écran, Agence QMI

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Comme bien des Québécois, j’ai été remué par la conférence de presse « en distantiel » de Christian Dubé, hier.

Dans ces moments – comme plusieurs d’entre vous, j’en suis certain –, je peux devenir assez lyrique. (Ou était-ce un des effets du vaccin que j’ai reçu hier matin ?) Surtout lorsque j’ai entendu le ministre déclarer : « La situation épidémiologique est critique. On est en guerre contre ce variant-là et on va tout faire ! »

Sans blague, j’ai pensé au célèbre appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle : « Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! »

L’État français venait de capituler devant les nazis. Réfugié à Londres, le Général, lui, refusait de rendre les armes et appelait à la résistance.

Ligne Maginot

Se battre au sens propre, sur un champ de bataille, c’est bien sûr très différent de « lutter » contre un virus, comme nous le faisons depuis mars 2020.

Mais ça nécessite des efforts qui ont des aspects comparables.

En mars 2020, au tout début de la pandémie, l’historien québécois Frédéric Smith dressait un parallèle entre ces deux moments de notre histoire : « Cet effort collectif est inédit pour la plupart d’entre nous. Mais les plus anciens se souviennent d’une autre grande mobilisation, lancée il y a plus de 80 ans dans le dessein ultime de contrer un ennemi d’une tout autre nature : l’Allemagne nazie. » (voir https://www.lequebecetlesguerres.org/)

Joint au téléphone hier après-midi, M. Smith ajouta d’intéressantes métaphores pour désigner la situation actuelle : « On a été pris par surprise. Un peu comme les Allemands qui sont entrés dans la ligne Maginot. Le variant, on ne s’en méfiait pas. On avait notre rempart qui était notre double vaccination. »

Omicron a mené un blitzkrieg, une « guerre éclair ». Notre gouvernement a été débordé et il s’en rend compte.

Six ans

L’effort de guerre de nos aïeux, lors de la Seconde Guerre, dura six ans. Penser à ce qu’ils ont vécu, aux horreurs de la Première Guerre aussi, nous permet – à certains égards – de relativiser nos malheurs.

Pour eux, « effort de guerre » a signifié rationnements, pénurie : « Se procurer vêtements et chaussures devient difficile, rappelle Smith. À l’automne 1940, la production de 80 % des filatures de laine et de 75 % des manufactures de chaussures est destinée aux militaires. Ces entreprises peinent à retenir ou à recruter la main-d’œuvre, les industries de guerre offrant de meilleurs salaires. »

Des bons de la victoire étaient prélevés sur le salaire de nombreux employés.

Guerre psychologique

L’effort de guerre de nos ancêtres fut éreintant. Mais ils n’ont « jamais vraiment été confinés », fait toutefois remarquer Frédéric Smith. La bataille que nous menons a un aspect éminemment psychologique ; d’usure. En mars 2020, il pouvait être rigolo de dire : tout ce qu’il y a à faire, c’est de rester chez soi et regarder des séries ! Mais la solitude forcée des confinements, les gestes « barrières », les fermetures et annulations en cascades, nous imposent quotidiennement un rationnement en réels contacts humains de toutes sortes. Mais il faut fournir cet effort de guerre ; continuer d’être braves à notre manière. Il le faut, surtout pour nos soldats héroïques, dans les hôpitaux. Résister, seuls ensemble.

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