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Les camionneurs non vaccinés continuent de jouer les trouble-fête

Les manufacturiers demandent à leur tour un sursis en matière d’obligation vaccinale

GEN-Photos du poste frontalier Canada-�tats-Unis � Lacolle
Photo d’archives, Agence QMI Ottawa a fixé au 15 janvier le début de l’obligation vaccinale pour les camionneurs qui traversent la frontière canado-américaine. Les manufacturiers d’ici demandent un report de cette date. Ci-haut, le poste frontalier de Lacolle, en Montérégie, en juillet dernier.

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Après l’industrie du camionnage, c’est au tour des manufacturiers de mettre la pression sur Ottawa afin que le gouvernement fédéral n’oblige pas les camionneurs qui vont aux États-Unis à être doublement vaccinés dès le 15 janvier.

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« Les manufacturiers sont extrêmement préoccupés, car on ne peut pas se permettre que 20 % ou 30 % des camions ne traversent plus la frontière », plaide la PDG de Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx, qui représente plus de 1100 entreprises. 

MEQ demande un sursis de trois mois à Ottawa et souhaite que tous les camionneurs canadiens, qu’ils soient vaccinés ou non, puissent continuer de franchir la frontière Canada–États-Unis pour l’instant.

« Il faut travailler à augmenter le taux de vaccination chez les camionneurs, on ne peut pas se permettre de stopper le commerce », ajoute Mme Proulx. 

En novembre, l’Agence de la santé publique du Canada a annoncé que certains groupes de voyageurs, dont les camionneurs, devraient être entièrement vaccinés pour revenir au pays après un voyage aux États-Unis à compter du 15 janvier. 

À l’Association du camionnage du Québec, on a déjà demandé à Ottawa de reculer, le 8 décembre dernier. Une lettre a été adressée à 10 ministres fédéraux en ce sens. 

« Il faut une extension pour essayer d’aller chercher un autre pourcentage de camionneurs vaccinés », indique Marc Cadieux, président-directeur général de l’ACQ. 

L’industrie opère déjà au maximum de sa capacité et peine à recruter de nouveaux camionneurs, dit-il. C’est donc « certain qu’on va frapper un mur au niveau de l’approvisionnement » si Ottawa va de l’avant avec son plan. 

Tous les secteurs d’activité seront touchés, insiste Véronique Proulx : « biens essentiels, produits de consommation, agroalimentaire, défense, etc. »

Des « farfadets » partout

On s’attend aussi au pire du côté des entreprises de transport. « Je ne suis pas contre la vaccination, au contraire, je pousse mes employés à se faire vacciner, sauf que j’en ai, moi aussi, des farfadets », lance Éric Gignac, président du Groupe Guilbaut. 

Au Québec, 81 % de la population a reçu deux doses du vaccin. Au Canada, la proportion est de 77 %.

Si la chaîne d’approvisionnement n’est pas déjà cassée, « c’est sûr qu’elle va l’être en janvier » si Ottawa va de l’avant. « Et on va juste augmenter la problématique de la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie du camionnage », ajoute M. Gignac. 

Un autre patron dans l’industrie pense que la décision d’Ottawa pourra vite se retourner contre le gouvernement. « Ça va avoir un impact drastique sur l’économie canadienne », pense Pascal Gaudet, vice-président Gestion des routiers de Trans-West. 

Il explique être aux prises lui aussi avec des gens qui refusent le vaccin, « comme dans le reste de la population ». 

Sa capacité de fonctionnement sera réduite de 10 à 15 % si Ottawa maintient sa décision, calcule-t-il.

« Ça va être la même chose dans l’ensemble du pays. La demande va monter, les prix vont monter et ça aura un impact direct sur l’inflation », expose M. Gaudet. 

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