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Prison à vie pour le jeune autiste qui a tué sa mère

Le profil de l’accusé est très « inquiétant » selon la juge

Fâché que sa mère lui ait confisqué son iPod, Maxime Allaire l’a tuée de 14 coups de couteau le 16 février 2019.
Photo courtoisie Fâché que sa mère lui ait confisqué son iPod, Maxime Allaire l’a tuée de 14 coups de couteau le 16 février 2019.

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Le jeune autiste trouvé coupable du meurtre non prémédité de sa mère, commis en février 2019 dans Limoilou, a été assujetti à une peine pour adulte ce qui veut dire qu’il a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant sept ans. 

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C’est la décision rendue par la juge Fannie Côtes à l’encontre de Maxime Allaire qui, en raison de l’assujettissement, ne bénéficie plus de l’anonymat que lui conférait son statut d’adolescent. Il avait 17 ans au moment du crime et sa mère, Nathalie Dussault, était âgée de 49 ans.

Le jour du drame, la mère de Maxime était allée le chercher à la résidence à assistance continue (RAC) où il habitait et qui accueille les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. 

Au cours de la soirée, une dispute a éclaté après qu’elle eut confisqué le iPod du jeune homme, aujourd’hui âgé de 20 ans. 

Fâché, Maxime a alors frappé sa mère avec « un gros couteau à steak ». En tout, la mère de famille a reçu 14 coups de couteau. 

« Le Tribunal ne parvient pas à trouver les mots justes pour exprimer fidèlement les conséquences et dommages manifestement vécus par la famille de la victime depuis son décès », a mentionné la présidente du tribunal avant de s’adresser expressément à la grand-mère de l’accusé, qui est aussi la mère de la victime. 

« Malgré le drame que vous vivez, vous continuez d’aimer votre petit-fils et vous vous inquiétez pour son avenir. Vous êtes un modèle de bonté et de résilience », a-t‐elle dit de façon très humaine, tout en étant consciente « qu’aucune peine ne peut apaiser la souffrance résultant de la perte d’un être cher ».

Manque d’empathie

En outre, pour motiver sa décision, la juge Côtes a rappelé que, selon les différents experts qui ont témoigné devant elle, le profil de l’accusé « s’avère très inquiétant ». 

Le jeune homme a développé « des traits de personnalité antisociale », il est « influençable et incapable de gérer ses frustrations » et à plusieurs reprises, il a agi « sournoisement ».

Elle a aussi souligné avoir constaté, lors du verdict de culpabilité, le manque d’empathie du jeune homme, la froideur « extrême » qu’il manifeste lorsqu’il raconte les événements et son « détachement face aux gestes commis ». 

Conclusions du tribunal basées sur les rapports d’experts 

  • Il n’est pas possible d’espérer à court, moyen ou long terme une réhabilitation suffisante de l’adolescent
  • Sa réhabilitation est tributaire de sa mobilisation, laquelle est malheureusement inexistante 
  • L’adolescent a atteint un plateau sur le plan de la réhabilitation
  • Son intérêt marqué pour la violence, sa propension vers le morbide et ses pulsions sadiques démontrent au contraire qu’il se dirige dans une direction totalement opposée
  • Son risque de récidive est élevé

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