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Dans l’univers du canot à glace

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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Inspirée par les courses de canot à glace et le mode de vie des habitants de l’archipel de L’Isle-aux-Grues d’il y a quelques décennies, la romancière Julie Rivard propose une histoire enlevante dans cet univers dans son nouveau roman, Les Canotiers. Les intrigues et les quêtes amoureuses se multiplient avec des personnages qui se mesurent sans cesse aux éléments. 

Charles, jeune boulanger de L’Isle-aux-Grues, ne s’est jamais vraiment intéressé aux compétitions de canots auxquelles se livrent les hommes de son âge, chaque hiver, sur le fleuve gelé. Il s’est plutôt toujours tenu un peu à l’écart de ses pairs et en a été le souffre-douleur.

Malgré tout, il rêve de trouver une épouse et de fonder une famille. Un beau jour, Jimmy Dancause le nargue un peu trop et il se laisse convaincre de participer à la course de canots à glace du Carnaval de Québec. Il montera sa propre équipe, avec son meilleur ami Philémon.

À peine cette décision prise, il se laisse charmer par une belle étrangère de passage sur l’île. Entre les entraînements et son travail exigeant à la boulangerie, parviendra-t-il à la conquérir ?

Après avoir ravi ses lecteurs avec la série historique La maison des Levasseur, Julie Rivard explore cette fois l’univers méconnu des experts en canots à glace dans Les Canotiers. Un univers qu’elle a découvert en écrivant.

« Mon conjoint et moi, on aime aller dans les petites auberges et découvrir les coins du Québec, qu’on trouve magnifiques. On avait le goût d’un isolement total et je n’étais jamais allée à L’Isle-aux-Grues », raconte-t-elle. 

Elle a eu un choc. « T’es coupé du monde, tout se fait à pied, c’est tout petit et la nature est magnifique. On avait besoin de décrocher et je n’y suis pas allée dans le but d’écrire un roman. Ce qui m’a frappée, là-bas, c’est le silence. Tout le monde se promenait à vélo. J’ai trouvé le lieu vraiment fascinant. »

Elle a exploré l’île, visité le musée local, découvert les traditions. « J’ai été charmée et j’ai pris beaucoup de photos. L’idée du roman est arrivée plus tard. Et c’est là qu’est apparu le personnage de Charles. Je trouve qu’il y a des facettes intéressantes et des traditions vraiment trippantes par rapport à d’autres romans d’époque plus classiques. »

Des recherches passionnantes

Elle n’a pas eu l’occasion de faire du canot à glace et, pandémie oblige, elle n’a pas pu rencontrer de canotier. Mais qu’à cela ne tienne : elle s’est plongée dans les recherches.

« Quand j’ai écrit le roman, c’était au début du confinement. Je n’ai pas pu, malheureusement, parler à des vrais canotiers. Mais j’ai lu beaucoup sur le sujet et trouvé ça fascinant. C’est vraiment un sport extrême. »

Julie Rivard explique avoir une grande envie d’apprendre chaque fois qu’elle entame un nouveau roman. Elle a découvert l’entomologie judiciaire en écrivant un autre livre, par exemple.

Des traditions 

« Je me suis lancée à fond sur les lectures au sujet du canot à glace, des traditions de la Mi-Carême, où les gens se déguisent et passent de maison en maison en espérant ne pas être démasqués. J’ai trouvé ça trippant aussi. Je ne veux pas juste raconter une histoire : il faut que je l’intériorise, que je vive tous les côtés fascinants et passionnants de mes thèmes. »

Elle revisite le passé, avec une tournure contemporaine, une intrigue, beaucoup de sensualité. « Il y a des personnages typiques de l’époque, mais ça demeure une histoire intemporelle : l’acceptation de la différence, l’amitié entre hommes, la recherche du grand amour et l’affranchissement. »

  • Julie Rivard est autrice et enseignante.
  • Elle a touché plusieurs lecteurs avec sa trilogie La maison des Levasseur.
  • Elle a également publié cet automne L’affaire Lily X chez Hugo & Cie.

EXTRAIT

Quebec
Photo courtoisie

« Le vent giflait la peau. Sur le fleuve, près des berges, les glaces s’entrechoquaient en raison de la houle. Au large, les vagues sombres semblaient bouger au rythme d’une danse macabre. Il s’agissait de la première grosse tempête hivernale de la saison et les insulaires l’avaient à peine vue poindre. Alors que tous s’étaient isolés à l’intérieur des maisons et autres bâtiments, un habitant bravait les rafales, tête baissée, paupières mi-closes. Il suivait son flair et quelques points de repère à travers la poudrerie aveuglante. Ce déplacement, qui lui prenait d’ordinaire une quinzaine de minutes, lui paraissait alors une éternité. Arriverait-il à temps ? »