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Le «Connor McDavid» du parahockey

Le «Connor McDavid» du parahockey

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Le jeune parahockeyeur Mathieu Lelièvre s’excuse immédiatement après avoir comparé son style de jeu à celui de Connor McDavid. Jamais il n’oserait s’identifier à la grande vedette des Oilers d’Edmonton.

«McDavid est vraiment trop fort, mais comme lui, j’essaie d’utiliser ma vitesse pour être le premier sur les rondelles libres, dit-il. Je pense avoir une bonne tête de hockey, je suis un fabricant de jeu, mais j’ai un bon tir aussi.»

Le «Connor McDavid» du parahockey
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Chose certaine, l’adolescent de 16 ans, originaire de Donnacona, a une passion semblable à McDavid pour sa discipline.

«Sans parahockey, j’aurais moins la passion de vivre, affirme-t-il. C’est lourd comme phrase, mais je pense que je ne pourrais pas mieux résumer.»

Grand sportif dans l’âme, Lelièvre a vu son amour pour le hockey alimenté par une rencontre avec Patrick Roy, en 2012, lors d’une visite des Remparts de Québec au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), à Québec.

Le «Connor McDavid» du parahockey
Photo Courtoisie

«Il m’avait donné un mini-bâton de hockey et je l’ai encore», mentionne Lelièvre.

À l’époque, le garçon n’avait que 7 ans et venait de subir l’amputation de sa jambe gauche. Frappé par un cancer au niveau du fémur, le jeune Mathieu ne devait pas perdre l’usage d’un membre, mais malgré les traitements de chimiothérapie, la tumeur a grossi rapidement. Les médecins n’ont pas eu le choix.

Rêver aux Jeux paralympiques  

Au lieu de s’abattre sur son sort, le garçon s’est réfugié dans le sport. Faisant partie de l’équipe du Québec de parahockey, il compte également parmi les espoirs de la formation canadienne.

Le «Connor McDavid» du parahockey
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

«Mon objectif n’est pas seulement de participer aux Jeux paralympiques, mais c’est de les gagner», lance celui qui aimerait beaucoup faire partie de l’aventure en 2026 à Londres.

D’ici là, Lelièvre continue de s’entraîner fort, tout en suivant les actualités reliées au hockey.

«J’ai deux équipes préférées dans la Ligue nationale, mais elles ne vont pas très bien cette saison, déplore-t-il. Il y a le Canadien de Montréal, évidemment, mais j’aime aussi beaucoup les Blackhawks [de Chicago] et l’attaquant Patrick Kane.»

Le «Connor McDavid» du parahockey
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Dans les prochains jours, l’adolescent entend par ailleurs savourer le périple de l’équipe canadienne au Championnat mondial de hockey junior avec, énumère-t-il : «Shane Wright, Connor Bedard, Xavier Bourgault et Kaiden Guhle».

- En plus de son rêve paralympique, le jeune Lelièvre a un autre but en tête : devenir journaliste sportif. Étudiant en cinquième secondaire à Donnacona, il compte amorcer sa formation, dès l’an prochain, au niveau collégial.

***

Merci papa!  

Mathieu Lelièvre ne compte plus les jours où son père Gilbert s’est levé aux petites heures du matin pour l’accompagner à Montréal pour un entraînement.

S’il veut faire partie des meilleurs joueurs de parahockey, l’adolescent originaire de Donnacona doit s’entraîner avec la crème de la crème.

Le «Connor McDavid» du parahockey
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

«Mes parents sont une grosse partie de ma réussite au parahockey», estime l’adolescent, qui s’entraîne régulièrement le samedi matin à l’aréna Howie-Morenz, dans le quartier Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Pour l’aider dans son parcours, Lelièvre a par ailleurs récemment reçu une bourse de 4000 $ de la Fondation de l’athlète d’excellence.

«C’est extraordinaire d’avoir une bourse comme ça quand on est jeune, note-t-il. Ça va m’aider pour mes frais de scolarité et pour mon hockey.»

Avec le prix de l’essence qui semble continuellement à la hausse, l’argent permettra sans doute d’alléger les choses pour toute la famille. Ceci étant dit, la fierté que procure Mathieu vaut bien les allers-retours entre Donnacona et Montréal.

«Ça me rend fier de voir son parcours dans les huit dernières années, témoigne ainsi Gilbert, qui travaille dans le département de l’informatique pour l’Industrielle Alliance. Il a la piqûre, il s’entraîne fort et il veut.»

Une inspiration  

La passion de son fils pour le parahockey n’est pas sans le réconforter de le voir s’épanouir malgré le cancer ayant forcé l’amputation de sa jambe gauche, il y a maintenant près d’une décennie.

«Évidemment, quand ton enfant reçoit un diagnostic de cancer, tout ce que tu veux, c’est qu’il s’en sorte, confie le paternel avec émotion. À l’hôpital, pendant les traitements de chimiothérapie, tu as aussi beaucoup de temps pour penser... Dans mon cas, j’ai toujours été un gars de bois : j’aime la chasse et la pêche à la mouche. Avec mon fils, je rêvais de descendre à la rivière et aller à la pêche à la mouche avec lui. Tu te sens un peu coupable de penser à ça, mais ça reste un deuil que j’ai eu à faire. Aujourd’hui, je le vois vivre sa propre passion et je suis tellement fier de lui. C’est inspirant!» 

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