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Jean-Marc Vallée (1963 - 2021): «Il ouvrait la voie»

Jean-Marc Vallée a permis aux Québécois de rêver à Hollywood

Cinéaste Québecois EMBARGO
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin Cinq cinéastes québécois, Émile Gaudreault, Ken Scott, Denis Villeneuve, Philippe Falardeau et Jean-Marc Vallée, réunis dans une salle de cinéma à Montréal, le 14 décembre 2011.

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Le milieu du cinéma québécois a perdu en Jean-Marc Vallée un cinéaste au talent immense qui a prouvé aux réalisateurs d’ici qu’à force de croire en ses rêves, il est possible de travailler avec les grands noms de Hollywood.

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Pour Denis Villeneuve, qui a mis les pieds aux États-Unis quelques années après Jean-Marc Vallée, son ami a été un précieux allié dans son aventure hollywoodienne.

« Je marchais en parallèle, un peu derrière lui. Jean-Marc ouvrait la voie. C’était la personne avec qui je pouvais parler vraiment parce qu’il vivait la même chose. C’était la seule personne qui comprenait. Notre intimité s’est développée comme ça », confie le réalisateur québécois.

« Il a réussi à faire rêver les cinéastes québécois », dit le directeur artistique Patrice Vermette de celui avec qui a il notamment tourné les films C.R.A.Z.Y. et The Young Victoria.

Outre Denis Villeneuve, des cinéastes comme Philippe Falardeau et Ken Scott ont suivi les traces de Jean-Marc Vallée aux États-Unis.

Une bonne étoile

« Il a montré que ça vaut la peine de pousser. Il nous a donné l’envie d’aller plus loin, de nous dire qu’on n’est pas juste né pour un petit pain, que notre cinéma est beau et peut voyager », louange Patrice Vermette.

Les carrières internationales d’artistes québécois ont été lancées grâce à Jean-Marc Vallée. C’est le cas de la pianiste Alexandra Stréliski. Le cinéaste avait utilisé ses compositions dans Dallas Buyers Club, Demolition et Big Little Lies.

« Il refusait catégoriquement que je l’affirme, mais c’est à lui que je dois ma carrière. Du moins, il en a certainement été la bougie d’allumage », a-t-elle partagé sur Facebook à propos de celui qu’elle a décrit comme sa « bonne étoile ».

Après avoir croisé la route de Jean-Marc Vallée, Patrice Vermette a été cité deux fois aux Oscars.

« Sans Jean-Marc, je ne serais pas où je suis aujourd’hui. C’est une grosse, grosse, grosse perte pour moi. »

« Un grand frère »

Jean-Marc Vallée était aussi un gars de gang, qui avait fondé un club de réalisateurs québécois, se souvient Denis Villeneuve.

« Chacun son tour, on recevait la gang, on mangeait, on regardait un film et on discutait. C’était un prétexte pour se voir parce que c’est un métier très solitaire. Il a créé une petite communauté. On s’est mis à se réunir et, au fil des ans, des amitiés fortes en sont nées », raconte le réalisateur de Dune, qui estime que Jean-Marc Vallée manquera à bien des gens.

« Il a été un grand frère pour beaucoup de monde dans le cinéma. »

Une œuvre inachevée 

Jean-Marc Vallée a été fauché par la mort au moment où, à 58 ans, il lui restait encore plusieurs bons films à tourner, se désolent ses amis.

« Le pire, ce sont les films qui vont nous manquer. Ce n’était pas fini, Jean-Marc était parti pour nous faire encore des chefs-d’œuvre », partage Michel Côté, qui avait marqué les esprits en jouant le père refusant d’admettre l’homosexualité de son fils dans C.R.A.Z.Y.

Denis Villeneuve donne en exemple le projet de film sur John Lennon et Yoko Ono, auquel Jean-Marc Vallée a consacré beaucoup d’énergie ces dernières années.

« Il était l’artiste parfait pour porter cette relation à l’écran. J’ai de bonnes intuitions, parfois dans la vie, et je me disais que c’était son prochain chef-d’œuvre », affirme son ami.

Des papas émus

Michel Côté a aussi tenu à souligner que les films du cinéaste québécois ont contribué à transformer la société.

« Lors de la promotion de C.R.A.Z.Y., nous avons fait le tour du Québec et je ne comptais plus le nombre de papas qui venaient nous prendre dans [leurs] bras et nous disaient : “Demain matin, j’ai un téléphone très important à faire avec mon fils homosexuel à qui je n’ai pas parlé depuis 12 ans”. Ça voulait dire que le film a atteint son but. »

Des Québécois se souviennent 

« C’est absurde, c’est lui qui m’a tout montré, c’est lui qui m’a donné ma première chance au cinéma. Son œuvre est immense, j’ai tellement de peine. »

– Geneviève Brouillette

« Écoutez ses films, imprégnez-vous de son courage, de son authenticité, sa sensibilité et aussi de son humour et de sa joie de vivre. »

– Kevin Parent

« Jean-Marc Vallée m’a ému de C.R.A.Z.Y. à Big Little Lies. Il était d’une extrême gentillesse. »

– François Legault

« Au revoir, grand homme ! »

– Hélène Florent

« Je préfère vivre dans le déni et m’imaginer Jean-Marc Vallée quelque part sur la planète en recherche de location. »

– Jean-Nicolas Verreault

« Je suis sous le choc. C’est d’une grande tristesse. Mes pensées vont à ses proches. Repose en paix, cher Jean-Marc ! »

– Carole Laure

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