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Le retour du balancier après des gains records

Des hausses des taux directeurs sont attendues des banques centrales qui tenteront de juguler l’inflation

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Devrait-on parler de douche froide ? Toujours est-il qu’après avoir connu des sommets tout au long de l’année, les investisseurs des Bourses de New York et de Toronto se seront fait servir quelque chose comme un retour sur terre en classe express.

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La montée rapide du variant Omicron des dernières semaines, combinée à des perturbations déjà présentes — comme le dérèglement des chaînes d’approvisionnement, la pénurie de main-d’œuvre, et l’explosion de l’inflation — auront fini par tempérer l’ensemble des marchés.

C’est ainsi qu’après avoir atteint des niveaux jamais atteints en novembre, la croissance de l’indice phare de la Bourse de Toronto a battu en retraite pour se fixer, à la mi-décembre, sous la barre des 20 %. 

À Wall Street, les S&P 500 et Nasdaq auront connu des reculs similaires.

Une belle résilience

Qu’à cela ne tienne, pour Luc Girard, gestionnaire de portefeuille de l’équipe Noël Girard Lehoux, de Desjardins Gestion de patrimoine, 2021 aura été une année toute en reprise, qui aura offert de belles occasions d’enrichissement. 

« Les prises de profits sont des phénomènes normaux en Bourse, soutient M. Girard. Dans l’ensemble, les marchés auront présenté une performance positive, offrant une belle résilience, à l’image de celle dont fait montre la population depuis le début de la pandémie. »

Les banques et l’aviation

Malgré les fortes possibilités de hausse des taux directeurs pour parvenir à juguler l’inflation et un combat contre la COVID-19 qui nous réserve encore bien des surprises, M. Girard s’attend à ce que 2022 demeure profitable tant pour les entreprises que pour les investisseurs. 

Les secteurs de la finance, de l’industrie et des ressources naturelles devraient bien avancer. Par contre, craint-il, ceux de l’aviation, du tourisme et de l’hôtellerie risquent de continuer de souffrir. 

Quelques éléments marquants  

Entre l’assermentation de Joe Biden, le chaos dans les ports, l’inflation qui s’envole, les prévisions des banques centrales et la propagation de nouveaux variants de la COVID-19, les cours boursiers de la planète auront été tout sauf un long fleuve tranquille. Voici quelques éléments qui ont retenu notre attention. 

Le Québec inc. fait mieux que la Colombie-Britannique 

Les grandes sociétés publiques du Québec auront globalement mieux fait que leurs vis-à-vis de la Colombie-Britannique en 2021, si l’on se fie au travail de compilation du Centre d’analyse et de suivi de l’Indice Québec (IQ-30). Sur un an, en date du 15 décembre, les 30 principales capitalisations boursières québécoises ont produit un rendement de 14,63 %. C’est mieux que le taux affiché par les principales capitalisations boursières de la Colombie-Britannique (ICB-20), affichant une progression plus modeste de 8,69 %. Par contre, la performance des sociétés québécoises sur un an aura été légèrement moindre que celle de ses voisines ontariennes (IO-40) et de l’Atlantique (IA-15), avec respectivement 18,69 % et 18,70 % de rendement sur un an. Toutes, par contre, auront été déclassées par la performance époustouflante des 25 plus grandes capitalisations boursières de l’Alberta. De fait, ces dernières (IAB-25) ont affiché une croissance quasi hors d’atteinte... de 52,69 % !  


Record d’IPO en Bourse 

L’année 2021 aura été une année record pour la majorité des places boursières de la planète, et la Bourse de Toronto n’y aura pas fait exception. 

Le Groupe TMX fait état de « plus de 200 nouvelles inscriptions » et d’un nombre record de premiers appels publics à l’épargne (PAPE), aussi connus sous l’acronyme anglophone IPO (pour Initial public offering). En date du 30 novembre, on en avait comptabilisé 35, soit le nombre le plus élevé de l’histoire de la bourse canadienne, confirme sa porte-parole Catherine Kee.

Du nombre, quatre sont issues du Québec. On parle de Coveo Solutions (CVO) dans les technologies, de Dialogue Health Technologies (CARE) dans les sciences de la vie, de Lion Electric (LEV) dans les technologies propres, et de Monarch Mining (GBAR) dans le secteur minier. 


Des gagnants et des perdants 

Le recentrage de Bombardier (BBD) autour de la seule fabrication des avions d’affaires aura permis aux investisseurs qui continuaient de croire en son potentiel d’avoir la main particulièrement heureuse. Sur un an, en date du 15 décembre dernier, les détenteurs d’actions de l’avionneur québécois avaient pu profiter d’une progression de 244,68 % !

Au contraire, les actionnaires de Marché Goodfood (FOOD) et de Lightspeed (LSPD), deux vedettes québécoises des dernières années à la Bourse de Toronto, auront eu la main beaucoup moins heureuse. À la mi-décembre, le titre de la 1re avait reculé de 66,56 % en un an, tandis que celui de Lightspeed affichait un recul de plus de 36 %. 


Les plus riches se sont... enrichis 

Elon Musk
Photo AFP
Elon Musk

L’année aura encore été payante pour plusieurs des fortunes les plus en vue de la planète. C’est le cas d’Elon Musk, considéré comme le milliardaire le plus riche de la planète, selon Bloomberg. En date du 22 décembre, la fortune du patron de Space X et Tesla était évaluée à 261 milliards de $ US. Cette dernière a connu un gain de 67,3 %, ou de 105 G$ US, depuis janvier 2021. 

Jeff Bezos
Photo AFP
Jeff Bezos

En comparaison, les gains de Jeff Bezos, patron d’Amazon, furent beaucoup plus modestes. Avec des gains de 6,25 G$ US (ou 3,27 %) depuis le début de l’année, sa fortune atteint maintenant les 197 G$ US, toujours selon l’agence de presse Bloomberg. 

Bernard Arnault
Photo AFP
Bernard Arnault

Enfin, l’homme d’affaires français Bernard Arnault est devenu cette année le troisième milliardaire en importance de la planète. Le PDG de LVMH (Moët Hennessy Louis Vuitton) disposerait aujourd’hui d’une fortune personnelle de 170 G$ US, en hausse de 48 %, ou de 55,6 G$ US par rapport à janvier dernier. 


Des désistements 

Si la Bourse de Toronto a été un véhicule de financement très populaire cette année, plusieurs sociétés québécoises auront surpris en choisissant d’y renoncer après pourtant avoir annoncé leurs intentions de procéder à un premier appel public à l’épargne (PAPE). Ce fut le cas notamment en juin de Lumenpulse, de Longueuil, spécialisée dans l’éclairage de haute performance. Cette dernière a choisi de faire marche arrière en évoquant des « conditions non optimales ». Le même scénario s’est reproduit en septembre avec le fabricant de produits de soins personnels kdc/one, originaire de Knowlton dans les Cantons-de-l’Est. Enfin, en novembre, c’est aussi la décision qu’aura prise la plateforme montréalaise de vente de publicité numérique Sharethrough

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