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Des travailleurs testés positifs retourneront au travail

Québec permettra au personnel soignant infecté mais asymptomatique de travailler pour éviter le délestage

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La hausse fulgurante des infections oblige le gouvernement à autoriser les travailleurs de la santé positifs à la COVID-19 à retourner au front pour éviter la pénurie de personnel et plus de délestage.

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En conférence de presse, aujourd'hui, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a souligné que pas moins de 7000 travailleurs du réseau étaient actuellement absents en raison de la COVID et que ce chiffre pourrait grimper rapidement à 10 000.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
En conférence de presse, aujourd'hui, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a souligné que pas moins de 7000 travailleurs du réseau étaient actuellement absents en raison de la COVID et que ce chiffre pourrait grimper rapidement à 10 000.

« Sous certaines conditions, le personnel positif pourra continuer de travailler », a indiqué Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, aujourd'hui, lors d’une conférence de presse.

La décision, qui est loin de faire l’unanimité, survient au moment où le nombre de nouvelles infections de COVID explose au Québec, frôlant pour la première fois les 13 000 cas quotidiens, avec 12 833 résultats positifs.

Le ministre de la Santé se prépare même à voir 15 000 cas dans les prochains jours. Les hospitalisations inquiètent aussi, atteignant un total de 702, dont 115 aux soins intensifs sur une capacité de 210. Le Québec déplore également 15 nouveaux décès. 

Gestion du risque

C’est aussi et surtout parce que près de 7000 travailleurs de la santé sont actuellement absents en raison de la COVID que le gouvernement met en place cette nouvelle mesure. Ce chiffre pourrait rapidement grimper à 10 000 employés absents, selon le ministre Dubé, qui ajoutait avoir « de plus en plus de malades, mais de moins en moins de monde pour les soigner ».

« La contagion avec Omicron est tellement exponentielle qu’on doit retirer énormément de personnel, et ça, ça nous pose un risque sur la capacité du réseau à soigner les Québécois. Ça nous impose d’effectuer un changement de paradigme », a ajouté M. Dubé.

Vivre avec la COVID

Pour Mathieu Simon, chef du département de soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, la mesure s’inscrit dans la notion d’apprendre à vivre avec la COVID.

« Le fait de ne pas systématiquement retirer pour une longue période les travailleurs de la santé et leur permettre de retourner au travail fait partie du risque sociétal qu’on doit prendre. [...] On ne veut pas laisser mourir quelqu’un d’un infarctus en 2022 parce qu’on ne veut pas qu’il attrape la COVID », explique le spécialiste.

Cette décision, prise de concert avec la Santé publique, devrait éviter d’aller au dernier niveau de délestage qui impliquerait de garder seulement les soins critiques.

À la suite de l’annonce, plusieurs syndicats sont montés au front pour montrer leur désaccord face au choix du gouvernement. Plusieurs ont également dénoncé le flou entourant l’annonce, alors qu’il reste encore beaucoup de questions sans réponses, notamment quant aux modalités.

De son côté, le directeur de la Santé publique, Horacio Arruda, a confié ne pas prendre cette décision de gaieté de cœur. « Les gens ont besoin de soins. Si je suis aux soins intensifs et que j’ai besoin d’un cardiologue, je préfère un cardiologue ayant la COVID qui applique des mesures et qui s’occupe de mon cœur », a imagé le Dr Arruda.

Le gouvernement compte également sur l’accélération de la vaccination à partir du 4 janvier pour tous les Québécois de moins de 60 ans.  

Calendrier de vaccination 

Dès le 29 décembre, les clientèles prioritaires* pourront prendre leur rendez-vous via la plateforme Clic Santé.

Le point de presse en bref     

  • «On se doute que ce n’est pas le vrai nombre», avoue le ministre de la Santé, Christian Dubé.                
  • La situation dans les soins intensifs est «encourageante», indique le ministre Christian Dubé, citant le ratio d'hospitalisations contre le nombre de cas positifs.                
  • Québec permettra à des travailleurs de la santé déclarés positifs de travailler dans les établissements de soins, sous certaines conditions.                 
  • «Je vous garantis que ça va être du cas par cas», déclare Christian Dubé à propos de la décision de laisser travailler certains employés déclarés positifs.                
  • La population générale sera admissible à la troisième dose du vaccin contre la COVID-19 à partir du 4 janvier; ouverture graduelle des rendez-vous par groupes d’âge.               
  • «Ou bien vous allez vous faire vacciner, ou bien vous allez attraper la COVID», lance le ministre Christian Dubé aux non-vaccinés du Québec.              
  • Québec veut vacciner entre 2 et 3 millions de Québécois contre la COVID-19 par mois d'ici le mois de mars.             
  • Québec évalue la possibilité d'écourter la période d'isolement de 10 à 5 jours pour les personnes positives mais asymptomatiques, comme recommandé aux États-Unis.         

Nouvelles clientèles prioritaires 

De nouveaux travailleurs essentiels pourront commencer à prendre leur rendez-vous dès le mercredi 29 décembre : 

  • Personnel des milieux scolaires;    
  • Personnel de la sécurité publique;    
  • Organismes communautaires du secteur de la santé et des services sociaux;    
  • Certains employés du secteur de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation;    
  • Autres travailleurs de la santé.               

Beaucoup de questions, mais peu de réponses...         

Qui devra travailler en étant positif et asymptomatique ?

Les travailleurs de la santé et les travailleurs essentiels, sans toutefois préciser lesquels. Selon le ministre de la Santé et des Services sociaux, chaque situation sera traitée au cas par cas.


Est-ce que les employés positifs seront obligés de rentrer travailler ?

Pour le moment, le gouvernement n’a pas encore dévoilé les balises qui entourent cette nouvelle mesure, mais a créé déjà de l’inquiétude auprès de certains professionnels. Pour Judy Morris, présidente de l’Association des médecins d’urgence du Québec, il va falloir faire attention à respecter les choix des employés de la santé pour qu’ils ne se retrouvent pas avec un poids en plus sur les épaules.


Est-ce que les employés de la santé devront en informer leur patient s’ils sont positifs ?

Pour le moment, le gouvernement n’a pas indiqué quelles seraient les obligations quant à cette question.


Comment vont travailler les personnes positives à la COVID-19 ?

Pour le moment, le gouvernement n’a pas encore dévoilé les balises qui entourent cette nouvelle mesure. 


Comment va-t-on s’assurer que les personnes positives n’infectent pas des patients ?

Le gouvernement n’a pas encore dévoilé les balises qui entourent cette nouvelle mesure. 


Capture d'écran, TVA Nouvelles

« Si je suis aux soins intensifs et que j’ai besoin d’un cardiologue, je préfère un cardiologue ayant la COVID qui applique des mesures et qui s’occupe de mon cœur »

– Dr Horacio Arruda

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