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Fermeture des salles à manger: les restaurateurs sont en furie

La décision du gouvernement de ramener le couvre-feu causera d’importantes pertes financières

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Les restaurateurs du Québec sont en colère de devoir fermer pour une énième fois leur salle à manger et d’en avoir été avertis à 24 h de l’une de leurs journées les plus payantes de l’année.

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« C’est insultant pour nous autres », pense Peter Sergakis, propriétaire de plusieurs restaurants, qui parle d’une « catastrophe totale » pour l’industrie au Québec. « Nos restaurants, c’étaient des places sécuritaires. On ne laisse entrer personne non vacciné. »

Pour Martin Vézina, directeur des affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec, il s’agit du « pire des scénarios » pour les restaurants dans le contexte actuel.

« On est très déçus. On voyait des solutions alternatives comme nous fermer le 31 et le 1er janvier ou limiter à une bulle par table. À date, on est la seule province qui le fait et même dans les pays européens, on n’a pas fermé toutes les salles à manger. »

À 24 heures d’avis

Plusieurs restaurateurs ont d’ailleurs vu comme une insulte ajoutée à l’injure la décision de fermer les salles à manger à 24 heures du 31 décembre. Alors que la montée des cas est évidente depuis plusieurs jours, on leur demande de fermer leur salle à manger dès la veille du jour de l’An, l’une des journées les plus prolifiques de l’année.

« À un certain moment, on a perdu 80 % de notre personnel. On commençait à peine à se sortir la tête de l’eau. De se faire fermer le 31 décembre, à 24 heures, c’est la pire chose qui pouvait arriver », déplore Fabio Monti, propriétaire de l’Atelier et de l’Ophélia, à Québec. 

Fabio Monti, propriétaire de l’Atelier et de l’Ophélia, à Québec, et Peter Sergakis, propriétaire de plusieurs restaurants, dont la Station des sports, à Montréal, sont furieux de la décision du gouvernement Legault.
Photos courtoisie et archives
Fabio Monti, propriétaire de l’Atelier et de l’Ophélia, à Québec, et Peter Sergakis, propriétaire de plusieurs restaurants, dont la Station des sports, à Montréal, sont furieux de la décision du gouvernement Legault.

« Je ne peux pas concevoir qu’on ait attendu à la dernière minute avant de prendre cette décision-là », peste-t-il.  

Plusieurs restaurateurs s’étaient restreints dans leur commande de nourriture et de boisson, la semaine dernière, quand des rumeurs voulaient que le premier ministre Legault annonce leur fermeture, le 22 décembre. Mais comme les restrictions étaient finalement minimes, ils ont « rouvert les valves », assurés de rester ouverts au moins pour la période des Fêtes. 

« Ça n’a aucun sens comme c’est irrespectueux. On l’a demandé à plusieurs reprises dans le passé de nous avertir quelques jours à l’avance. Nos frigidaires sont pleins à craquer pour demain ! » s’exclame Yannick Parent, propriétaire de quelques restaurants à Québec, dont le Bello Ristorante et le Don Vegan. 

Une industrie imprévisible

Pour Martin Vézina, cette fermeture fera particulièrement mal à la réputation de l’industrie de la restauration et cela refroidira encore plus la venue de nouveaux travailleurs.

« Ça montre toute l’instabilité de l’industrie et le manque de prévisibilité », soutient-il.

« On est en pénurie de main-d’œuvre et on croit fortement qu’on va encore perdre plusieurs de nos emplois vers d’autres secteurs économiques et que ça va rendre très difficile notre réouverture. »

L’ARQ s’attend à une aide financière du gouvernement pour compenser les pertes de nourriture et la fermeture des salles à manger.

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