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Quelques moments de grâce en 2021

Couple drinking tea, hot chocolate, eggnog or mulled wine and watching tv in warm cozy woolen socks in winter. Woman holding cup of morning coffee in home living room. Sick people with flu or fever.
Photo Adobe Stock

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Que cette année de pandémie aurait été pénible sans les quelques moments de grâce que m’ont fait vivre les arts et la culture !

Les miens furent-ils les mêmes que les vôtres ? Certains, peut-être, mais chacun a ses propres moments de grâce. Il arrive que même sa femme voie les choses d’un autre œil. Maryse n’en revient pas, par exemple, que je n’aie pas été ému par Aline, ce film qui raconte à sa façon la vie de notre Céline nationale. Dès les premières images, ma femme avait les larmes aux yeux.

Louise Deschâtelets, mon ex et si fidèle amie, trouve que je deviens trop difficile en vieillissant. En 2022, je lui soumettrai mon cas dans la page d’à côté !

Mon film de l’année, c’est Le pouvoir du chien de Jane Campion. Je l’ai vu en anglais, puis une deuxième fois en français. Un western contemporain aussi déroutant qu’envoûtant. Suite à la mort soudaine de Jean-Marc Vallée, j’ai revu C.R.A.Z.Y. Pour la première fois depuis sa sortie en 2005. Un peu longuet, mais bouleversant ! Quelle direction d’acteurs !

Si je mets sur le même pied Embrasse et 2021 Revue et corrigée, c’est que la nouvelle pièce de Michel-Marc Bouchard m’a ému aux larmes et que la revue annuelle du Rideau Vert m’a fait rire aux larmes. Deux moments de grâce au théâtre vivant. À Télé-Québec, j’ai revu La face cachée de la lune de Robert Lepage. Une adaptation très réussie.

LES « JUMEAUX » PAYARE ET LEMOYNE

Rafael Payare, le nouveau directeur musical de l’OSM, a un côté voyou. Tout un contraste avec maestro Kent Nagano, son prédécesseur, racé jusqu’au bout des ongles. Le premier concert de Payare avec les musiciens de l’orchestre m’a fait presque oublier que je l’écoutais en webdiffusion. Payare apprend le français, mais ce Vénézuélien de naissance finira par parler québécois comme Robert Charlebois, dont il arbore la coiffure hirsute lorsqu’il chantait Lindberg avec Louise Forestier.

C’est rare que les expositions me transportent. Celle que consacre le Musée des Beaux-Arts de Québec à Serge Lemoyne jusqu’au 9 janvier restera dans ma mémoire longtemps. Mort trop jeune (57 ans), Lemoyne était un merveilleux énergumène. Comme le poète Pélo ou comme mon ami sculpteur Armand Vaillancourt. Ceux qui ne connaissent de Lemoyne que son Ken Dryden ou son Jean Béliveau manquent les plus belles trouvailles de sa brillante folie.

UNE CHANCE QU’IL Y A LA TÉLÉ

Qu’auraient été mes soirées du dimanche sans Star Académie et sans Révolution . La télévision m’a beaucoup occupé en 2021. Comme presque deux millions de téléspectateurs, j’ai suivi les policiers de District 31 à la trace. Mais les trop nombreuses scènes qui commencent par : « Venez dans mon bureau... », finissent par m’agacer. 

J’adore les talk-shows que la télévision américaine a inventés. Au Québec, on se couche trop tôt, semble-t-il, pour que les émissions de fin de soirée soient rentables. Julie Snyder a donc transformé son talk-show en variété. Il me rappelle parfois Les tannants. La tour reçoit désormais moins d’invités et on y gagne. Patrick Huard fait un brin vieux sage et Julie un brin ado, mais ils furent de bons hôtes toute l’année.

Aurai-je autant de plaisir que l’an dernier à regarder En direct du jour de l’An demain soir ? Si France Beaudoin est égale à elle-même, j’oublierai la pandémie pour quelques heures. Surtout que, peu après, Jean-René Dufort, Chantal Lamarre et MC Gilles passeront au peigne fin cette année maudite. Souhaitons que le Bye bye nous permette de la terminer en riant.

C’est le moment de grâce que je vous souhaite.