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Un pas de géant en relations autochtones

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo AFP Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

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Le gouvernement Trudeau a fait un énorme pas en avant dans le dossier de la réconciliation autochtone cette semaine.

Le fédéral a finalement respecté une série de décisions des tribunaux qui lui ordonnait d’indemniser les Autochtones victimes de discrimination en matière de santé et de services sociaux sur les réserves.

Les sommes en cause sont énormes. On parle de 20 milliards $ à titre de compensation avec un montant semblable pour reconstruire le système et éviter les erreurs du passé.

Du leadership extraordinaire

Cette décision d’Ottawa est le fruit du travail et de la détermination extraordinaires, autant du côté des Premières Nations que du côté ministériel.

J’ai eu l’honneur de rencontrer Cindy Blackstock dans la foulée des premières décisions judiciaires ordonnant réparation. Représentante de l’organisation qui défendait les Autochtones lésés, elle dégageait un calme rassurant. Elle était certaine que la justice sera un jour rendue. Avec l’historique du traitement des Autochtones par Ottawa, j’étais moins convaincu qu’elle.

C’était clair que le gouvernement Trudeau n’allait pas respecter la décision du tribunal qui concluait qu’il y avait eu discrimination raciale à l’égard des enfants autochtones en réserve en matière de services de santé. Dans les faits, en multipliant les manœuvres dilatoires, le fédéral a repoussé le tout d’un autre six ans.

Un changement fondamental

C’est l’arrivée d’un nouveau ministre, le Montréalais Marc Miller, qui a permis de tout débloquer enfin, et c’est lui qui en a fait l’annonce.

Il n’a pas cherché de faux-fuyants. Au contraire, il a fait preuve d’une transparence tout à fait exceptionnelle dans l’historique des relations avec les Premières Nations. Il a blâmé une culture de préjugés à l’intérieur des gouvernements successifs.

Il a expliqué, cas et exemples bouleversants à l’appui, à quel point cette discrimination systémique était le fruit d’une politique intentionnelle. Les pensionnats autochtones n’avaient peut-être plus de murs, la même bureaucratie causait toujours les mêmes torts. C’était aussi étonnant que rafraîchissant venant de la part d’un des ministres principaux de Trudeau.

Trudeau résolu à agir

Maintenant, dans sa septième année au pouvoir, monsieur Trudeau commence à songer à son legs. Qu’est-ce qu’on retiendra de son temps à la barre du pays ? Il veut des résultats concrets dans des dossiers où, jusqu’à présent, il s’était contenté de parler et de faire semblant.

J’ai participé à une étude universitaire majeure sur le bilan du premier mandat du gouvernement Trudeau (2015-2019). Une des choses qui me frappait était le caractère clé des promesses non tenues, pas leur nombre.

Une de ces promesses majeures était de créer un rapport de nation à nation avec les peuples autochtones. Dans les faits, depuis 2016, le gouvernement Trudeau avait obstinément refusé d’accepter et de respecter des décisions claires ordonnant une compensation pour cette discrimination.

En politique, tout se passe dans un contexte. La portée des dépenses liées à la pandémie aurait permis plus facilement à Trudeau d’ordonner que l’on délie encore plus les cordons de la bourse. Dans ce dossier, le Canada a finalement décidé d’agir avec honneur pour panser les plaies d’un autre chapitre sombre.

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