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Ils sont de retour

Pour une 84e saison d’affilée

Campeau
Photo courtoisie L’activité traditionnelle des petits poissons des chenaux bat son plein sur la croûte gelée de la rivière Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

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Chaque hiver, à ce temps-ci de l’année, les petits poissons des chenaux se dirigent vers les eaux de la rivière Sainte-Anne pour venir s’y reproduire.

À une autre époque, ces petites morues frayaient dans le coin de Trois-Rivières et dans le Saint-Laurent. L’industrialisation et toute la pollution qu’elle engendrait ont malheureusement eu un impact sur ces nombreux visiteurs qui ont préféré changer de cap et de destination finale. Ce n’est qu’en 1938 qu’Eugène Mailhot découvrit la présence de ces poissons alors qu’il découpait de la glace à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Depuis ce temps, on installe des cabanes vouées à la capture de ces vigoureux petits batailleurs. Au plus fort de la pêche dans les années 1980, on a déjà recensé 1200 chalets sur la croûte gelée. De nos jours, l’association, constituée de 19 pourvoyeurs, exploite 350 mini habitations portatives pouvant normalement contenir de 4 à 30 personnes.

Grand voyageur

Ces poissons de Noël, comme certains les surnomment, habitent les eaux côtières et saumâtres du sud du Labrador jusqu’en Virginie. Il y a plusieurs populations de poulamons qui vivent dans le Saint-Laurent. Celle qui se reproduit dans la rivière Sainte-Anne se déplace jusqu’à Rivière-Ouelle et Baie-Saint-Paul, soit sur une distance de près de 200 km.

Après la saison des amours, au printemps, nos poissons des chenaux se rendront à Rivière-Ouelle et à L’Île-aux-Coudres. Selon les données recueillies, suite à un relevé d’étiquetage, les tomcod ou tommycod comme les Anglais les appellent, se dirigent dans le coin de Saint-Vallier et Neuville en septembre et en octobre. Puis en décembre, les mâles migrent vers le lac Saint-Pierre et ses environs et les femelles les rejoindront peu de temps après.

Morphologie

La longueur totale moyenne des spécimens que l’on capture est de 160 mm et leur taille maximale peut frôler les 380 mm. Âge pour âge, les femelles sont souvent plus longues d’environ 25 mm. Lors de la saison de la pêche qui s’étend sur neuf semaines, soit jusqu’au 20 février prochain, on attrapera des poissons des chenaux âgés en moyenne de trois ans. Leur longévité maximale dépasse rarement huit ans.

La frayère à poulamon de la rivière Sainte-Anne est le lieu de reproduction le plus renommé et le plus important du versant atlantique pour cette espèce. Les femelles mesurant 200 mm portent en moyenne 8600 œufs. Sachez toutefois que la fécondité peut être de 1000 à 46 000 œufs.

À la bouffe

Il est possible de capturer plusieurs beaux spécimens comme celui-ci, de les apprêter et de s’en régaler une fois à la maison.
Photo courtoisie
Il est possible de capturer plusieurs beaux spécimens comme celui-ci, de les apprêter et de s’en régaler une fois à la maison.

Ces petites morues sont des omnivores opportunistes, ce qui signifie que leur alimentation varie selon ce qui est présent dans leur milieu. Elles sont également cannibales. Les petits, de 90 mm et moins, se nourriront de petites espèces de zooplancton avec une préférence marquée pour les copépodes. Au-delà cette taille, les poulamons engloutiront des proies plus grosses, comme des crustacés amphipodes ou isopodes. Ils se régaleront aussi volontairement de vers marins, de mollusques, de larves d’insectes, d’alevins et de petits gaspareaux, harengs, épinoches, etc.

Pour déjouer ces poissons, on se sert principalement de morceaux de foie et de crevettes qu’on installe sur une ligne artisanale suspendue au plafond. La corde à pêche est entourée sur des clous qui servent de porte-fil. Il suffit de dérouler la quantité nécessaire pour présenter le tout près du fond. Le pourvoyeur attache une allumette en bois sur le fil, qui sert de système d’alarme visuel pour détecter les touches.

Il ne reste plus qu’à ferrer et à soutirer les poissons. On les fait ensuite geler à l’extérieur. D’excellentes recettes sont suggérées sur le site lespetitspoissons.ca. Si vous ne souhaitez pas les ramener, ils ne seront pas gaspillés, mais plutôt remis à des banques alimentaires. 

La pêche

Les adeptes qui s’y rendront n’ont pas besoin de permis de pêche. Retenez aussi qu’il n’y a pas de saison ni de limite de captures. 

Les périodes de location de cabane se déroulent habituellement entre 8 h et 18 h, et ce, 7 jours sur 7. Sachez qu’entre chaque visite tout est désinfecté pour respecter les diverses normes sanitaires. Malheureusement, pour l’instant, à cause du couvre-feu, les organisateurs ont dû annuler l’horaire de nuit entre 20 h et 6 h. En semaine, il en coûte 25 $ par adulte et 12,50 $ par enfant de 6 à 12 ans. Ce prix est majoré à 35 $ et à 20 $ lors des week-ends. L’accès est toujours gratuit pour les jeunes de 0 à 5 ans.

Aux dernières nouvelles, les autorités gouvernementales permettaient l’accès aux personnes provenant d’une bulle familiale qui peut être accompagnée d’une personne vivant seule qui pourrait, le cas échéant, être accompagnée de ses propres enfants.


Pour en savoir davantage ou pour réserver vos places, composez le 418 325-2475 ou visitez le site lespetitspoissons.ca

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